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Tome quatrième.
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CHAPITRE XIV. jfcl

est l’instrument d’une élection éclairée et volontaire. Dans lecorps respectable des gardiens des lois et des palatins qui en senttirés, il ne peut faire un choix, quel qu'il puisse être, qui m’aitété déjà fait par la nation.

Mais voyez quelle émulation cette perspective doit porter Sansle corps des palatins et grands-castelians, qui, dans des places àvie, pourroient se relâcher par la certitude qu’on ne peut plus lesleur ôter. Ils ne peuvent plus être contenus par la crainte ; maisl’espoir de remplir un trône que chacun d’eux voit si près de linest un nouvel aiguillon qui les tient sans cesse attentifs sur eux -mêmes. Ils savent que le sort les favoriseroit en vain s’ils sontrejetés à l’élection, et que le seul moyen d’être choisis est de lemériter. Cet avantage est trop grand, trop évident, pour qu’il soitnécessaire d’y insister.

Supposons un moment, pour aller au pis, qu’on ne peut éviterla fraude dans l’opération du sort, et qu’un des concurrents vîntà tromper la vigilance de tous les autres, si intéressés à cette opé-ration. Cette fraude seroit un malheur pour les candidats exclus,mais l’effet pour la république seroit le même que si la décisiondu sort eût été fidèle ; car on n’en auroit pas moins l’avantage del’élection, on n’en préviendroit pas moins les troubles des inter-règnes et les dangers de l’hérédité ; le candidat que son ambitionséduiroit jusqu’à recourir à cette fraude n’en seroit pas moins ausurplus un homme de mérite, capable, au jugement de la nation,de porter la couronne avec honneur : et enfin, même après cettefraude, il n’en dépendroit pas moins, pour en profiter, du choixsubséquent et formel de la république.

Par ce projet, adopté dans toute son étendue, tout est lié dansl’état; et, depuis le dernier particulier jusqu’au premier palatin,nul ne voit aucun moyen d’avancer que par la route du devoir etde l’approbation publique. Le roi seul, une fois élu, ne voyant;plus que les lois au-dessus de lui, n'a nul autre frein qui le con-tienne; et n’ayant plus besoin de l’approbation publique, il peuts’en passer sans risque si ses projets le demandent. Je ne voisguère à cela qu’un remède, auquel même il ne faut pas songer :ce seroit que la couronne fût en quelque manière amovible, etqu’au bout de certaines périodes les rois eussentbesoin d’être con-firmés. Mais, encore une fois, cet expédient n’est pas proposatble;tenant le trône et l’état dans une agitation continuelle, il ne lais-serait jamais l’administration dans une assiette assez solide pour