Band 
Tome huitième.
Seite
67
JPEG-Download
 

ANISÉE 17 65. 67

frais pour le mettre en état. Cela posé, je pourrais bien m’y éta-blir pour le reste de ma vie, sauf à occuper près de vous un autreappartement en ville, quand votre bâtiment sera fait. Voilà, moncher hôte, mes châteaux en Espagne ; voyez s’il vous convientde les réaliser.

On me mande de Berne que le sieur Bertrand a demandé le 29au sénat sa démission, et l’a obtenue sans difficulté ; on ajoute,qu’il quittera Berne. Le voyage de M. Chaillet n’auroit-il pointcontribué à cela ?

Si le temps s’obstine à être mauvais, je suis bien tenté d’accep-ter votre offre : en ce cas, vous pourriez expédier vos tracas lesplus pressés le reste de cette semaine, et m’envoyer votre carrosselundi ou mardi prochain. Je vous irois joindre à Neuchâtel, etdelà nous irions ensemble à Bienne, à pied s’il faisoit beau, encarrosse s’il faisoit mauvais. Ce qui m’embarrasse est que je vou-drais aller auparavant à Gorgier voir M. Andrié ; et je ne saiscomment arranger ces diverses courses, d’autant moins qu’il fautabsolument que je sois de retour ici les huit ou dix derniers joursdu mois. Vous pourriez, dimanche au soir, m’écrire votre senti-ment; lundi au soir je vous ferais ma réponse ; et si le mauvaistemps continuoit, vous m’enverriez votre carrosse pour me ren-dre mercredi près de vous : mais, s’il fait beau, j’irai première-ment et pédestrement à Gorgier. Voilà mes arrangements, saufles vôtres et sauf les obstacles tirés de mon état, qui ne s’amé-liore point. Peut-être la vie sédentaire et méditative, la désa-gréable occupation d’écrire des lettres, l’attitude d’être assis, quime nuit et que je déteste, contribuent-elles à m’entretenir dansce mauvais état.

Je reviens aux tracasseries d’ici, qui ne me fâchent pas tantpar rapport à moi que par rapport à ces braves anciens qui mé-ritent tant d’encouragement, et que la canaille accable d’oppro-bres. Tout ce qui s’est fait en leur faveur n’a pas été assez solen-nel ; des arrêts secrets n’arrêtent point la populace qui les ignore.Un arrêt affiché, ou quelque témoignage public d’approbation,voila ce qu'on leur devrait pour l’utilité publique, et ce qui mor-tifierait plus cruellement l’archiprêtre que toutes les censures duconseil-d’état ou de la classe, faites à huis clos. Je prédis qu’iln’y a qu’un expédient de cette espèce qui puisse finir tout, et sur-le-champ. Je vous embrasse.

A. vue de pays, je ne crois pas que la semaine prochaine je sois