ANNÉE 1766. 243
mon tendre attachement et mon vrai respect pour vous ne peu-vent pas plus sortir de mon cœur que l’amour de la vertu.
A M. L AU AUD.
wootton, le 13 novembre 1763.
A peine nous connoissons-nous, monsieur, et vous me rendezles plus vrais services de l'amitié : ce zèle est donc moins pourmoi que pour la chose, et m’eu est d’un plus grand pris. Je voisque ce même amour de la justice, qui brûla toujours dans moncœur, brûle aussi dans le vôtre : rien ne lie tant les âmes quecette conformité. La nature nous fit amis; nous ne sommes,nivous ni moi, disposés à l’en dédire. J’ai reçu le paquet que vousm’avez envoyé par la voie de M. Dutens ; c’est, à mon avis, la plussûre. Le duplicata m’a pourtant déjà été annoncé, et je ne doutepas qu’il ne me parvienne. J’admirerintrépiditédesauteursdecetouvrage, et surtout s’ils le laissent répandre à Londres, ce qui meparoît difficile à empêcher. Du reste, ils peuvent faire et dire toutà leur aise : pour moi, je n’ai rien à dire de M. Hume, sinon queje le trouve bien insultant pour un bon homme, et bien bruyantpour un philosophe. Bonjour, monsieur ; je vous aimerai toujours,mais je ne vous écrirai pas, à moins de nécessité : cependant jeserois bien aise, par précaution, d’avoir votre adresse. Je vousembrasse de tout mon cœur, et vous prie de dire à M. Sautters-heim que je suis sensible à son souvenir, et n’ai point oublié no-tre ancienne amitié. Je suis aussi surpris que fâché qu’avec del’esprit, des talents, de la douceur, et une assez jolie ligure, il netrouve rien à faire à Paris. Cela viendra, mais les commencementsy sont difficiles.
TRADUCTION D’l'NE LETTRE DE DAVID HUME A SUARD (*).
Edimbourg, 19 novembre 1768.
Je ne saurois, monsieur, trop vous remercier de la complai-sance que vous avez mise à traduire un ouvrage qui lie méritoit
(*) Cette lettre, écrite en anglois, vient d'être publiée comme inédile dans un nou-veau journal anglois, intitulé N,nv-Mont h lij-Magazine, et fait partie du numéro dejanvier 1829.1.e journaliste annonce ([u'elle lui a élé communiquée par M. Campcnon,membre de l'Institut, et possesseur des papiers de celui a qui elle est adressée. —Lelecteur jugera par lui-même si elle ne mériloit pas d'être traduite et (le trouver placedans cette édition.