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Tome huitième.
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208 CORRESPONDANCE.

je les recevrais avec respect et reconnoissance. Voilà mes senti-ments, dont rien ne me fera départir. J’ignore à quel sort, à quelsmalheurs la Providence me réserve encore; mais ce que je sais ,c’est que les sentiments de droiture et d’honneur qui sont gravésdans mon cœur n’en sortiront jamais qu’avec mon dernier soupir.J’espère, pour cette fois, que je me serai exprimé clairement.

J1 ne faut pas, mon cher monsieur, je vous en prie, mettre tant deformalités à l’affaire de mes livres : ayez la bonté de montrer lecatalogue à un libraire, qu’il note les prix de ceux des livres quien valent la peine : sur cette estimation, voyez s'il y en a quel-ques uns dont vous ou vos amis puissiez vous accommoder ; brû-lez le reste, et ne cédez rien à aucun libraire, afin qu’il n’aillepas sonner la trompette par la ville qu'il a des livres à moi. 11 yen a quelques uns, entre autres le livre de l’Esprit , in-4°, de lapremière édition, qui est rare, et où j’ai fait quelques notes auxmarges ; je voudrais bien que ce livre-là ne tombât qu’entre desmains amies. J’espère, mon bon et cher hôte, que vous ne meferez pas le sensible affront de refuser le petit cadeau de mes ou-vrages.

Les estampes avoient été mises par mon ami dans le ballot deslivres de botauique qui m’a été envoyé ; elles ne s’y sont pas trou-vées, et les porte-feuilles me sont arrivés vides : j’ignore absolu-ment où Becket ajugé à propos de fourrer ce qui étoit dedans.

Je voulois remettre à des moments plus tranquilles de vousparler en détail de vos envois : ce qui m’en plaît le plus est que sivous entendez que je reste dans votre maison jusqu’à ce que lamuscade et la cannelle soient consommées, je n’en démarrerai pasd’un bon siècle. Le tabac est très bon, et même trop bon , puis-qu’il s’en consomme plus vite : je vous fais mon remercimentde i’emplette, et non pas de la chose, puisque c’est une commis-sion, et vous savez les règles. L’eau de la reine de Hongrie m’afait le plus grand plaisir, et j’ai reconnu là un souvenir et uneattention de M. Luzonne, à quoi j’ai été fort sensible. Maisqu’est-ce que c’est que des petits carrés de savon parfumé? àquoi diable sert ce savon? je veux mourir si j’en sais rien, àmoins que ce ne soit à faire la barbe aux puces. Le café n’a pasencore été essayé, parceque vous en aviez laissé, et qu’ayant étémalade il en a fallu suspendre l’usage. Je me perds au milieu detout cet inventaire. J’espère que, pour le coup, vous ne ferez pasde même, et que vous recueillerez les mémoires des marchands,