CORRESPONDANCE.
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candeur, que je ne vous renverrai pas, pour en recevoir, à ceuxqui ont coutume d’en donnera celles qui s’y présentent. Je nepuis cependant pas vous fournir les préceptes que vous me deman-dez : ne doutez nullement de ma bonne volonté à vous satisfaire ;mais je suis moi-même fort embarrassé pour mon propre compte,quoique je ne sois pas dans une carrière aussi glissante : je suisdonc hors d’état de vous diriger dans celle où vous êtes entrée.
Je n’ai à vous conseiller que de vous arrêter à deux principesgénéraux, qui me paroissent être la base de toutes nos actions,dans tel état que le destin nous ait placés. Le premier, c’est dene jamais vous écarter du respect que vous paraissez avoir pourles bonnes mœurs ; et, pour y réussir, évitez l'impulsion du cœuret des sens, et qu’une extrême prudence en soit le correctif.
Le second, dont vous devez sentir toute la nécessité, c’est defuir, autant que vous le pourrez, la société de vos compagnes etde leurs adulateurs; rien ne perd aussi facilement que le poisonde la louange et l’air contagieux de cet endroit... Jetez les yeuxautour de vous, et vous remarquerez que ceux ou celles qui lerespirent, sans être en garde contre son effet, ont le teint flétri etl’extérieur de machines détraquées. Voilà , mademoiselle, lesseules réflexions que je vous engage à faire. Quant au reste, vousme paraissez être douée de toute la pénétration nécessaire pourparer aux inconvénients qui renaissent à chaque moment dans ceséjour. Acceptez, je vous prie , la considération qu’a pour vousvotre, etc.
A SI. GRANVILLE.
Février 1767.
J’étois, monsieur, extrêmement inquiet de votre départ mer-credi au soir ; mais je me rassurai le jeudi matin, le jugeant abso-lument impraticable ; j’étois bien éloigné de penser même que vousle voulussiez essayer. De grâce, ne faites plus de pareils essaisjusqu’à ce que le temps soit bien remis et le chemin bien battu.Que la neige qui vous retient à Calwieh ne laisse-t-elle une galeriejusqu’à Wootton, j’en ferais souvent la mienne ; mais dans l’état oùest maintenant cette route, je vous conjure de ne la pas tenter,ou je vous proteste que, le lendemain du jour où vous viendrezici, vous me verrez chez vous, quelque temps qu’il fasse. Quelque,plaisir que j’aie à vous voir, je ne veux pas le prendre au risquedvotre santé.