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Tome huitième.
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CORRESPONDANCE.

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nous nous verrons : j’en ai le pressentiment trop bien fondé. Puissece dernier des heureux moments de ma vie achever de vous dé-voiler le cœur de votre ami ! Coindet fera tous ses efforts pourvenir avec vous; évitez ce cortège; après ce que je sais, il em-poisonnerait mes plaisirs. J’étois sur que, puisque vous jugiezà propos de le consulter sur votre route, il ferait en sorte de vousdégoûter de venir ici directement. Il vous aura embarrassé detraverses inutiles, et de fausses difficultés des maîtres de poste.Gardez sa lettre, et montrez cet article à gens instruits; vous ver-rez ce qu’ils vous diront.

Mon cher hôte, vous m’avez perdu sans le vouloir, sans le sa-voir, et bien innocemment, mais sans ressource. Le concours fortuitde mon voyage ici et du vôtre en Hol lande a passé chez mes persécu-teurs pour une affaire arrangée entre nous. On vous a cru chargéd’une négociation avec Rey.Le papier que vous avez adressé pourmoi à Coindet par son canal les a encore effarouchés; leur conscienceagitée alarme leurs tètes, et leur persuade toujours que j écris.Conuoissant si peu le charme d’une vie oisive, solitaire et simple,ils ne peuvent croire que c’est tout de bon que j’herborise , queces papiers et ces petits livres étaient destinés à coller et dessinerdes plantes sur le transparent ; et j’ai vu clairement que Coindet,à qui j’ai parlé de cet emploi que j’en voûtais faire, n’en a rien cru.Tous ses propos, toutes ses manœuvres m’ont dit tout ce quise passoit dans son ame, et qu’il croyoit bien caché ; et ceCoindet, qui se croit si fin, n’est qu’un fat. Fiez-vous en-core moins qu’à lui à la dame à qui il vous a présenté , et dontil est envers moi l’ame damnée. Elle m’a trompé six ans ; il yen a deux qu’elle ne me trompe plus, et j’avois tout-à-fait rompuavec elle. M. le prince de Conti, qui ne sait rien de tout cela, etpoussé par quelqu’un qui, pour mieux cacher son jeu, montreavoir peu de liaison avec elle, m’a remis , pour ainsi dire , entreses mains comme en celles d’une amie, et elle fait usage de cemoyen pour m acnever. De mon côte, profitant enfin de vos avis,je feins de ne rien voir ; en m’étouffant le cœur, je leur rends ca-resses pour caresses. Ils dissimulent pour me perdre, et je dissi-mule pour me sauver ; mais, comme je n’y gagne rien, je sensque je ne saurais dissimuler encore long-temps ; il faut, tôtou tard , que l’orage crève. Tout ceci vous surprend trop pourpouvoir le croire. Vous vous rappelez le voyage auprès de moi,l’argent offert, le passe-port; et, ne devinant pas à quoi tout cela