58 LE CHANOINE
ami ! âme pusillanime ! eh ! nous nousconnaissons depuis long-temps : il ya long-temps que tu m’es dévoué, etque tu t’es entièrement donné à moi.Rassure-toi, l’enfer ne te réclame pasdans ce moment ; tu as encore uneœuvre de ténèbres à achever sur cetteterre ; je viens fortifier ton cœur , ra-nimer ton courage.
— Oui, Satan ! oui ! je te recon-nais ; mais que veux-tu de moi ? Ilme semble que jusqu’à présent je n’aique trop suivi tes conseils. Et je crois,Dieu me pardonne, que ta visite, aulieu de me séduire , pourrait m’en-gager à me convertir. Tiens, je suisprêt à faire le signe de la croix avecune dévotion sincère, et certes ce seraitbien pour la première fois de ma vie.
— Prends-y garde , Philonardi ! tume forcerais à me retirer , et tu yperdrais mes conseils. D'ailleurs il esttrop tard pour te convertir : t’ima-