86 ASTRONOMIE, LIV. VI.
soustraction , on parvient aux époques des années séculairesqui ont précédé. J’ai prolongé les tables du Soleil et de la Lune quisont dans ce livre, en suivant le même progrès jusqu’à l’an 800avant J. C. parceque les anciennes observations caldéennes vontjusqu'à ce siecle là (1419), et que les astronomes en font encorequelque usage. Nous n’avons aucun besoin des temps plus éloignés:au-delà de 800 ans avant J. C., l’astronomie ni l’iiistoire ne four-nissent rien, pour ainsi dire, qui soit susceptible d’un calcul astro-nomique, excepté peut-être l’astronomie indienne (889).
Dans ces temps reculés il n’y avoit aucune forme constante decalendrier (264) ; ainsi il a bien fallu convenu’ d’une échelle com-mune pour mesurer soit les siècles qui ont précédé, soit ceux quiont suivi l’ere chrétienne. La forme du calendrier julien est sim-ple, uniforme, commode-, elle a été suivie pendant près de 1000ans dans l’histoire de l'Europe -, elle a été employée par des chro-nologistes et des astronomes habiles; elle est suivie dans les tablesde Cassini, et je m’en servirai, à son exemple, quand je parleraides anciennes observations, quoique Ptolémée se soit servi desannées deNabonassar (1698).
i33o. En remontant ainsi par une soustraction continuelle dumouvement séculaire, on parvient à l’année 100 de J. C., ensuiteà*l’année o, et de là à l’année 100 avant J. C. ; ainsi de l’année100 de notre ere à l’année 100 avant notre ere, il y a 200 ans dedistance. Suivant la maniéré de compter employée par les chro-nologistes, il n’y a point d’année zéro; il fauchoit retrancher unan de la somme des années avant et après notre ere pour avoirl’intervalle: par exemple,l’équinoxe observé parHipparque 1 an 602de Nabonassar répond au 24 mars de l’année 146 avant J. C.suivant les chronologistes ; si 011 veut le comparer avec celui de1765 , et qu’on ajoute 1765 avec 146, on aura 1911, et cependantil n’y a réellement que 1910 ans d’intervalle, parceque l’année oùest né J. C. doit s’appeller zéro ( Cassini, Elém. d’astron. pag-2t 6 ), et non pas l'année 1 avant J. C. ; il est donc plus naturelde dire que l'équinoxe dont nous venons de parler se rapporteà l’année 146 avant J. C. et non pas à l’année 146. Cette maniéréde compter les années qui précèdent l’ere vulgaire , est reçueactuellement de tous les astronomes ; mais comme elle ne s’accordepas avec les livres de chronologie les plus célébrés, nous auronssoin d’avertir toutes les fois que nous nous en servirons, en disantque c’est suivant la maniéré de compter des astronomes.