REMARQUES SUR LES COMETES.
3210. Boscovich , dans nue dissertation imprimée à Rome en1746 , réimprimée dans le troisième volume de ses œuvres, comparela queue d’une comete càla fu nue qui s’élève parla pesanteur de 1 air;l’atmosphere du Soleil pese vers le Soleil ; les vapeurs de la cometeont moins de pesanteur, elles s'éloignent du Soleil {pcig. ). Ilobserve aussi que l'atmosphere prodigieuse des cometes doit né-cessairement empêcher qu’elles ne s’échauffent autant que d’autrescorps. La partie supérieure est trop rare pour recevoir beaucoupde chaleur ; elle garantit la partie intérieure ( pag. 354 )•
3214. Cette atmosphère conserve aussi la chaleur clans le grandéloignement de la comete ; elle la distribue à ses différentes parties ;elle conserve une lumière uniforme, et la rend peut-être habitable ;mais cette lumière est trop dispersée pour qu’elle puisse paraîtredans un grand éloignement ; et voilà pourquoi les cometes neparaissent point quand elles sont parvenues seulement à la distancede Jupiter.
32 15. Cette atmosphère empêche qu’on ne distingue les phasesdes cometes; et Cassini jugeoit la grande comete de 1680 beau-coup plus éloignée que le Soleil, tandis qu’elle étoit beaucoup plusprès ; il se fondoit sur ce que sa lumière étoit pleine et n’avoitpoint la forme de croissant; mais ordinairement on ne distingue pointde phases dans les cometes à cause de la dispersion de la lumièrecausée par l’atmosphere ( 3o8o ).
32id. On 11’a guere vu de queue plus grande que celle de la co-mète de 1680 et 1681, parcequ’on n’a guere vu de cometes passer siprès du Soleil : le 18 décembre 1680 elle en étoit 166 fois plus prèsque la Terre. Cette comete recevoit alors une chaleur 28000 foisplus forte que celle du solstice d’été ; la chaleur de l’eau bouillanteest trois fois plus grande que celle qu’une terre seche reçoit du Soleilau solstice, et la chaleur d’un fer rouge trois ou quatre fois plusgrande que celle de l’eau bouillante suivant l’estimation de New-ton , ( on pourrait dire 748 fois) : il en conclut que la comete de1680 aurait dû être échauffée environ deux mille fois plus qu’un ferrouge ; un globe de fer de même diam. aurait conservé sa chaleur plusde 5oooo ans ( Newt. L. 3, prop. 41 ; Phil. Trans. 1701 , n p . 270).M. de Buffon fait voir que ce calcul de Newton doit être réformédans plusieurs points; il aurait fallu, par exemple, que la cometerestât plusieurs siècles à la même distance pour contracter cette cha-leur. On peut voir les expériences curieuses sur la chaleur et le re-froidissementdes corps, queM. deBuffoua données dans le premiervolume des ses Supplémens, publié en 1774* Mais Newton ne vou-
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