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Cependant Aristote, dans la multitude de ses ouvrages de phy-sique, faits3ooans avant notre ere, ne parle presque pas des marées;on n’y trouve que trois passages fort courts à se sujet. Quinte-Curceparle de l’étonnement que la marée causa à Alexandre dans les Indes;et cela même fait voir combien les Grecs étoient peu instruits à cetégard.
3y68. Ce fut au temps de César que les Romains, instruits parleurs conquêtes, commencèrent d’avoir des connoissances dans cettepartie de la physique : César en parle dans ses Commentaires (L. IV);Strabon explique, d’après Posidonius, que le mouvement de l'o-céan imite celui des cieux, qu’il y a un mouvement diurne , un men-struel, un annuel ; que la mer s’élève quand la Lune est dans le mé-ridien, soit au-dessus soit au-dessous de l’horizon, et qu’elle estbasse au lever et au coucher de la Lune ; que les marées augmententdans les nouvelles et dans les pleines lunes, et dans le solstice d'été(Strabon, Liv. III, pag. 178).
Pline explique non seulement les phénomènes, mais la cause,quand il dit (Liv. II, cap. 97): Causa in Solè Lunaque... uùancil-lantes sideri avido trahentique secum haustu maria, etc. Séneque enparle d'une maniéré exacte ( Quaest. nat. III, 28, Quare bonis virismala accidant, c. 1). Macrobe, auteur du quatrième siecle, décrittrès bien les mouvetnens de l’océan, à l’occasion de la période de 7jours ( Somn. Scip. 1,6).
Les différentes maniérés dont on a cherché en différens temps àexpliquer l’effet de la Lune sur les marées sont si peu satisfaisantesque je ne crois pas devoir même les indiquer, f^oy. Plutarque, dePlac. phil. , Liv. III, c. 17; Galilée, de Syst. mundi, Dial. 4; Ric-cioli, Almag. II, pag. 374; Gassendi, Oper.ll, pag. 27. Je passe àl’explication de Képler, qui le premier apperçut l’effet de l’attractionuniverselle dans les marées ; il en parle d’une maniéré éloquente dansdeux ouvrages, de Stella Mards (1206) -, Epitome astr. , pag. 555,comme je l’ai déjà rapporté (352i).
3769. Newton, après la découverte du principe et de la loi de l’at-traction, apperçut facilement les effets que le Soleil et la Lune dé-voient produire sur les marées, et il traita cette matière, dans sonlivre des Principes, avec sa supériorité ordinaire. Enfin l'académie dessciences, ayant résolu , vers 1788, de traiter et d’approfondir toutesles parties du système du monde, que Newton n’avoit pu épuiser,proposa pour le prix de 174° l a question des marées ; les pièces deDaniel Bernoulli, Euler et Mac-laurin, qui partagèrent le prix, sontd’excellens traités sur cette matière; elles sont.dans le troisième vo-lume