Band 
Tome I.
Seite
102
JPEG-Download
 

102 A B B

main a de grands privilèges & de beaux droits. Parmi cesderniers , il y en a deux fort singuliers, dont le premier a étéen usage pendant plus de 150 ans ; mais on ignore le tems au-quel il a commencé.

Les Maréchaux de France avoient droit, à cause de YEstuagedu Port de Milly, de recevoir de l’AVfcé&des Religieux, lejour de la fête de S Germain , que PEglisc célèbre le 28 demai, douze pains du Couvent, douze sieptiers de vin, & douzefols parisis , pour le service que lesdits Maréchaux de Franceétoient tenus de rendre à P Abbé de Saint-Germain-des-Prés,& qui consistait à marcher devant lui avec un bâton blanc àla main pendant la procession & la grand’messe de ce jour. Siaucun des Maréchaux ne pouvoit y assister , ils y envoyoientde leur part un Gentilhomme , auquel ils donnoient pouvoirpar écrit de rendre ce service en leur place , & de recevoir lepain , le vin , & les douze fols accoutumés. Il est prouvé quele 20 de mai 1418 , les Maréchaux de France nommèrent unGentilhomme, appelle Jean Clément , pour s’acquiter poureux de cette fonction ; mais depuis ce temps , on ne voit pasqu’ils aient continué à rendre ce service , ni en personne , nipar Procureur. II y a apparence que, comme ces droits étoientrespect fs , & également à charge aux Moines & aux Maré-chaux de France , les uns & les autres convinrent tacitementd y renoncer.

Un autre diuii singulier de P Abbé de Saint-Germain-des-Prés , est celui qu'il a fur les habitans de Chaillot, qui doiventlui donner tous les ans le jour de PAl'cension , deux grandsbouquets & six autres petits ; un fromage gras, fait du laitdes vaches qu’ils mènent paître dans l’île Macquerelle ( desCygnes ) en deçà de la rivière de Seine, & un denier parisispour chaque vache.

Les Abbés de Saint-Germain-des-Prés avoient autrefoistoute jurisdiction , tant spirituelle que temporelle sur lefauxbourg Saint-Germain; & les Evêques & Archevêques deParis n’y en ont eu aucune, jusqu’en 1668,queM. dePerefixe,Archevêque de Paris , prétendit que ce Fauxbourg devoit êtresujet à la jurisdiction de ['Ordinaire, comme le reste de la villede Paris - & ce fut la matière d’un procès, qui fut enfin ter-miné par transaction passée entr’eux le 20 de septembre deladite année. Par ce traité , la jurisdiction Spirituelle de toutle Fauxbourg Saint-Germain fut cédée à PArchevêque, &à ses Successeurs dans PArchevéché; & celle de l’Abbé futrestrninte inter claujlra , à condition cependant que le Prieurde l’Abtaye servit Vicaire général de PArchevêque. Cette