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Tome I.
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au Conseil de Sa Majesté toutes les contestations & tous Ieidifférends qui pouvoicnt la regarder. Ce grand Magistrat,qui n’étoit pas moins le Protecteur des Beaux-Arts, que celuide la Justice, n’oublioit rien de tout ce qui pouvoit marquéel’intérêt qu’il prenoit à la conservation de l’Académie , & fitdire au Lieutenant Civil qu’elle étoit son ouvrage , & qu’ilvouloir la protéger. II fit de plus expédier en 1649 des Lettresadressées au Parlement de Paris , pour qu’il enregistrât lesLettres-patentes qui autorisoient Rétablissement de l'Acadé-mie. Les Académiciens firent quelques démarches en consé-quence ; mais ayant appris que les Jurés y avoient forméopposition , ils jugèrent plus à propos de continuer paisible-ment leurs exercices publics, que de s’engager dans la pour-suite d’un procès.

Non-seulement, Y Ancien, qui étoit de mois, ne manquoitpoint de faire tous les jours ses fonctions- à l’Académie ; maisles autres Anciens & les Académiciens même s’y rendoientaussi avec autant de régularité , que si les leçons de chaquejour avoient roulé fur eux.Charmois même s’y trouvoit régu-lièrement , & y deísinoit avec une assiduité incroyable. Cetteardeur & cette émulation donnoient à l’Académie un éclatqui y attiroit tous les jours une foule de curieux & d’Ama-teurs , pour y voir les plus habiles Peintres & Sculpteurs deParis , y dessiner avec les Etudians , & les instruire par leursexemples & leurs conseils. On y entendoit discourir sur laNature & sur ses effets. Chaque Académicien y rapportoitcomme dans un centre , ses observations & ses remarques.Les Antiques , les Modernes, tout y paffoit en revue. O11 enrelevoit les beautés par gradation & par nuances ; & ia critiquela plus faine trouvoit fa place, lorsqu’elle paroiffoit néces-saire à l'instruction. En un mot , ces conférences aussi agréa-bles qu’utiles, ne rouloient que fur ce qui pouvoit rendreles jeunes gens habiles en Peinture & en Sculpture. Tous cesentretiens se faisoient pendant que le Modèle se reposoit, &que l’on corrigeoit les dessins des Etudians ; car, pendantque le Modèle étoit en attitude, chacun deísinoit avec uneapplication extraordinaire , & gardoit pour lors un profondsilence.

Comme on ne penfoit qn’aux moyens de perfectionner laPeinture & la Sculpture , on résolut d’entretenir un secondModèle , afin qu’ils puisent quelquefois faire grouppe en-semble. L’on résolut aussi en même-tems d’établir dans l’Aca-démie des leçons de Géométrie, de Perspective & d’Anatomie.Chauveau s’óffrit pour enseigner la Géométrie, ce qu’il fit

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