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Tome I.
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iour avoit son incident. Ces brouillons ne suivoient d’autresloix que les mouvemens de leurs cnprites ou de leurs intérêts,pendant que les Académiciens ne pensoient qu’à se perfection-ner dans leur Art, & à mériter l'eslime du Public. On peurdire même que ces derniers ne perdoient point leurs peines ;car la réputation de l’Académie s’établìssoit avantageusement,& les personnes de la plus haute qualité n’en parloient qu’a-vec éloge. Ce fut cette considération qui fit naître l’envie àRatabon , alors Intendant des bâtimens du Roi, fous le Car-dinal Mazarin , qui en étoit le Sur-intendant, de mettre cetteCompagnie fous fa direction.

Pour y parvenir , il promit à ceux qui la compofoient , delui procurer de nouvelles grâces & de nouveaux Privilèges ,& de lui donner une forme & des Réglemens , qui ôteroiententièrement aux Maîtres Peintres les moyens de la troubler.Quant à l’augmentation des grâces & des Privilèges , rien deplus facile; car , Ratabon , homme de fortune , étoit combléde bontés de la part de la Reine Régente & de celle du Cardi-nal Mazarin. Le Rrun , Errard , Tetelin , le cadet, & plu-sieurs autres des principaux de l’Académie , s’assemblèrentdonc au logis de Ratabon , & convinrent de quelques nou-veaux articles , qu’il rédigea pour être ajoutés aux Statuts del’Académie, & dressa en même-tems un projet de brevet pourles faire autoriser par le Roi. Mais avant de suivre ce dellein ,ils jugèrent à propos dclc communiquer au Chancelier Stguier ,à qui l’Académie avoit de si grandes obligations. Pour cet effet,l’on convoqua la Compagnie en l’hôtel même du Chancelier,où étant assemblée , Ratabon fit lecture des nouveaux Statuts& du brevet. Ce grand Magistrat avoit tant de bonté pour laCompagnie, qu’il entra de lui-même dans l’examen de cha-que article en particulier , & donna son avis avec autantce familiarité, que I’auroitpu faire un ami qu’on auroit con-sulté.

Sur l’article où il étoit dit qu’il y auroit un Officier sous letitre de Garde des Sceaux , il demanda pourquoi on ne luidonnoit pas le nom de Chancelier ? qu’il n’y avoit que lui qui

Î ouvoit s’y opposer , & qu’au contraire il trouvoit bon qu’one nommât ainsi. Sur un autre article, il conseilla à l’Académiede prendre le Cardinal Mazarin pour son Protecteur, afin quefous l’autorité & fous l'éclat de ce premier Ministre , lesJLet-tres-patentes passassent plus facilement au Sceau , témoignantdu regret de ne pouvoir pas gratifier l’Académie en cetteoccasion , les Sceaux étant pour lors en la garde de M. Moli.J 1 eut en même-tems la bonté d’avertir la Compagnie qu’un