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Dans cette séance , l'Académie confirma la nominationqu’elle avoit faite du Cardinal Ma^ann pour Protecteur , duChancelier Síguier pour Vice-Protecteur , & de Ratabun pourDirecteur. Quant aux autres Officiers , on recueillit les suf-frages , & a la pluralité des voix , le Brun fut nommé Chan-celier ; Sarrasin , Recteur pour le quartier de janvier ; leBrun , pour celui d’avril ; Bourdon, pour celui dc juillet ; &Errard, pour celui d’octobre. L’on nomma aussi les douze Pro-fesseurs. Tetelin , le cadet, fut confirmé dans la charge de Se-crétaire , & celle de Trésorier fut donnée à Beaubrun. On nechangea rien aux exercices de l'Ecole , & ils fe continuèrentavec la même régularité & le même succès qu’auparavant.
Ce rétablissement donna à l’Académie un nouvel éclat quiirrita encore la jalousie des Maîtres Peintres ; mais la voyantsoutenue par des Protecteurs aussi puissans , & désespérant dela pouvoir traverser de nouveau, ils prirent le parti des’enretirer. Ils le firent avec tantd’emportement & si peu de jus-tice , qu’ils enlevèrent de la chambre commune toutcequ’ily avoir de meubles , & jusqu’à des figures déplâtré, mouléesfur satirique , qui appartenoient à T’Académie. Celle-ci futfi aise de se voir délivrée de cette importune Compagnie ,qu’elle abandonna volontiers toutes ces choses, plutôt que delui intenter procès. Elle fut seulement d’avis d’en porterplaiim; au Couiinissiuo le Cerf, qui , s’éiant transporté furles lieux , dressa un Procès-verbal, que l’on garde dans lesarchives de f Académie , pour justifier que la rupture n’estpoint venue de fa part.
Les Académiciens ne pen èrent plus qu’à jouir des grâcesque le Roi venoit de leur accorder ; mais ayant voulu prendrepossession de la galerie du Collège Royal , que S. M. leuravoir accordée par son Brevet du 2.8 décembre 1654 , ilsy trouvèrent des difficultés auxquelles ils 11e s’étoicnt pasattendus. Le Cardinal Antoine Barberin , pour lors GrandAumônier de France , & en cette qualité Directeur du Col-lège-Royal , ne leur fut point favorable. D’ailleurs ce loge-ment étoit occupé en partie par une Société de Libraires , quis’opposèrent à rétablissement que l’Académie prétendoit yfaire, & trouvèrent même tantd’accès auprès de Ratabon ,qu’il conseilla à l’Académie de se détacher de ce logement ,& lui promit de lui en procurer un dans les galeries du Louvre.Comme il n’y en avoit point de vacans , l’Académie auroitattendu longtems , si Sarrazin n’eût proposé de lui céder celuiqu’il y occupoit, pourvu que s Académie le dédommageât de