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Tome I.
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nouvelles , & que ceux qui n’en seroient point pourvus,seroient censés exclus de l’Académie. Tous les Académiciensobéirent, excepté Bosse , qui depuis quelque tems causoitbeaucoup de division dans la Compagnie , & qui même avoirfait imprimer des libelles offensans contre Ratabon & les Aca-démiciens les plus distingués. Bostè s’obstinaà ne point obéir,& l’Académie de son côté voulut absolument suivre à la Lettreses nouveaux Réglemens.

En ce tems-là le Brun reçut plusieurs sujets de méconten-tement de quelques-uns de ses confrères ; mais le plus sen-sible lui vint de la part de Ratabon , qui le compromitinconsidérément avec Errard. La Reine, mere de Louis XIV ,ayant résolu de faire orner le grand sallon, qui est au pavillonde la petite galerie du Louvre , qu’on nomme ordinairementla Galerie d’Appollon , Ratabon propola à !e Brun & àErrard de faire des dessins pour la décoration de cette pièce ,croyant que le Brun se reítraindroit aux seuls tableaux , &qu’Errard auroit la conduite des ornemens ; mais le Brun quiavoit le génie fertile & étendu , crut que pour bien réussirdans un ouvrage de cette importance , il falloit que toutes lesparties fussent liées au sujet principal , & en dépendissentuniquement. Suivant cette idée , il fit un dessin qui embras-sait ces différentes parties, tant pour la Peinture que pour laSculpture, qu’il faisoit rapporter l’une à l’autre dans uneharmonie savante lie admirable. Errard , de Ion côté , lit unbeau destin, où il prenoit sur lui la distribution descomparti-mens , & la disposition de la Sculpture & de la Dorure,laissant à le Brun la place des tableaux qu’il devoit faire. Cesdeux dessins furent montrés à la Reine, qui décida, suivantl’intention de Ratabon , en faveur de celui d’Errard. Cettedécision rendant inutile le dessin de le Brun , le chagrin qu’ilen conçut, empêcha l’achevemer.t de l’ouvrage qui est de-meuré impartait jusqu’à présent, & le détermina à remettreles Sceaux de l’Académie entre les mains de Ratabon ,. &à ne plus s’intércsser aux affûtes de cette Compagnie. Saretraite dura quelque mois, pendant lesquels Errard conduisittout à fa fantaisie, & quoique l’Académie n’eût pas interromputout-à-fait ses exercices , elle étoit néanmoins bien près defa chute ; mais son génietutélaire soutint son état chancelant,& l’établit même sur des fondemens plus solides que lespremiers.

Le Secrétaire , qui entretenoit toujours des liaisons parti-culières avec le Brun, tàchoit de ranimer son afféction pourl’Académie, malgré les difficultés qu’il y rencontroit , car, le