DE L’ABBAYE DE SAINT-VICTOR.
breux adeptes de la philosophie des réalistes : « Nectamen hic suæ conversionis habitus, dit-il dans sonHistorici suarum calamitatum , aut ab urbe Pari-siaca, aut a consueto Philosophiæ studio, eam revo-cavit ; sed in ipso quoq uemonasterio ad quod se reli-gionis causa contulerat, statirn more solito publicasexercuit scholas. »
La bibliothèque de Saint-Victor ne tarda pas ànaître des écoles publiques qui s’étaient établiesdans le domaine de l’abbaye et qui s’y maintinrentjusqu’au treizième siècle avec plus ou moins de suc-cès. Lorsque enfin l’Université de Paris fut parvenue,à force de luttes et de négociations, à fermer cesécoles, et à faire rentrer les écoliers de Saint-Victorsous la discipline de la Sorbonne, l’abbaye, qui avaitété le théâtre du professorat de tant de docteursfameux, élèves et successeurs de Guillaume de Cham-peaux, n’en resta pas moins le sanctuaire de la phi-losophie scolastique, et conserva parmi ses privilègesla pénitencerie de l’Université de Paris. L’exercicedes fonctions de pénitenciers, que remplissaient leschanoines de Saint-Victor, exigeait nécessairementl’usage d’une bibliothèque spéciale comprenant tousles ouvrages des Pères de l’Eglise grecque et latine,et surtout les volumineux écrits des décrétalistes dumoyen âge. Voilà sans doute comment se forma labibliothèque de l’abbaye.
Le P. Jean de Thoulouze 1 a constaté que les élé-
1. Antiquit, S. Fictoris , t. II, p. 189. Voy. ce ms. du fondsS. Victor, coté 1039, à la Bibl. impér.