DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 91
Le troisième : Textus ahbreviatus super tota Na-turali Philosophia, est imprimé à la suite du Tex-tus abbreviatus totius Logices Aristotelis (Parisiis,Dionysius Roce, sine anno, in-8L
Le Duchat fait remarquer que le nom de Bricotsignifie en allemand bouillon cuit , ce qui peut avoirdonné lieu à la plaisanterie de Rabelais, lequel jouecertainement sur les mots super et suppositionum,qu’on prononçait alors à l’italienne : souper et soup-oositionurn. On prononçait aussi à la parisienne,Bicot et Bicotius, au lieu de Bricotius et de Bricot ;l’analogie avec biscoctus, deux fois cuit, et biscota,biscotes pour les soupes , s’est présentée certaine-ment à l’esprit de Rabelais.
Il y avait, du reste, à cette époque, plusieurs per-sonnages du nom de Bricot : outre celui qui a écritsuper la Logique et la Physique d’Aristote, Bernieret Le Duchat citent encore Guillaume Bricot etJean Bricot; le premier, docteur en Sorbonne etpénitencier de Notre-Dame, grand ennemi de Reu-chlin (voy. l’épître 54 du livre II des Epistolæ obs-curorum virorum ), et Jean Bricot « ce fameuxthéologien de la faculté dé Paris, dit Bernier dansson Jugement sur la vie et les ouvrages de Babe-lais, lequel, haranguant le roi François I er , à la têtede l’Université, lui dit à propos de la dissipationqu’il faisoit des finances, que s’il continuoit à enuser ainsi, et à avoir les mains percées commele saint dont il portoit le nom, il feroit autant depauvres forcés, que ce saint en avoit fait de volon-taires. »
Salomon Macrin, secrétaire du cardinal Jean Du