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CATALOGUE
les livres de scolastique et de théologie, qui compo-saient la bibliothèque de St-Victor, nous paraît serapporter très-spécialement à un volume mystiquequi venait de voir le jour au moment même où lePantagruel était mis sous presse :
« Prognostication du ciecle (sic) advenir, conte-nant troys petitz traitez : le premier, comment lamort entra premièrement au monde : le second, desâmes des trespassez, et de la différence du paradis :le tiers, de la derniere tribulation et de la résurrec-tion du corps, et que le temps du jugement et lejour, nul homme ne le sçait. Lyon, Olivier Arnollet,1533, pet. in-8. »
On lit au verso du titre : « Benoist Gillebaut, àtrès-religieuse dame Jehane Massée, abbesse deSainte-Claire de Provins. » Gillebaut, qu’on pronon- (çait Guillebaut, n’a-t-il pas certaine analogie avecTriquebille ? Ce traité pieux fut achevé d’imprimerle 16 avril de l’année 1533 ; or, cette année-làcommençait à Pâques qui tombait le 28 mars, d’oùil résulte que cette Prognostication a été mise envente à Lyon, cinq ou six mois avant que FrançoisJuste eût publié la première édition du Pantagruel.
Rabelais, en attribuant ce livre à Songecrusyon,nom dérivé de Songecreux qui était le sobriquet deGringore comme Prince des Sots , aura cherché à sevenger de la concurrence que Benoît Gillebaut luifaisait en publiant à Lyon une rapsodie mystiquesous le nom de Prognostication pour détourner àson profit une partie du succès de la PantagruelinePrognostication .
Cependant, les deux mots Sjivii Triquebille, qui