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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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DE LA BIBLIOTHÈQUE DE SAINT-VICTOR. 207

pour faire allusion au livre célèbre d’Agrippa : Deincertitudine et vanitate scient/arum invectiva, quiparut d’abord à Anvers en 1530, et qui fut réim-primé partout.

Rabelais avait été en rapport personnel avec Cor-neille Agrippa, soit à Paris, soit à Metz, soit àLyon; mais ils étaient restés ennemis l’un del’autre, si l’on en juge par le chapitre injurieuxque l’auteur de Pantagruel a consacré à HerTrippa (ch. 25 du troisième livre). « Il est de soncosté, dit Panurge, paovre plus que ne fut[rus : au demourant, glorieux, outrecuidé, intolé-rable, plus que dix-sept diables; en un mot, pto-chalazon , comme bien proprement telle peaul-traille de bellistrandiers nommoient les anciens.Allons, laissons icy ce fol enragé, mat de catene !ravasser tout son saoul avec ses diables privez. Jecroirois tantost que les diables voulussent servir untel maraud! »

Cependant Agrippa se vantait de posséder laPierre Philosophale, et quoiqu’il fût toujours dansle plus affreux dénûment, on lui attribuait le pou-voir de faire de l’or à volonté pour ses propresbesoins. Martin Delrio, dans ses Disquisitiones mu-gi cæ, raconte (lib. II, quæst. 12) que cet alchi-miste, en voyageant, payait ses hôtes en monnaie quiparaissait très-bonne, mais qui, au bout de quelquesjours, se changeait en corne ou en coquille. Cor-neille Agrippa, malgré son alchimie, son astrolo-gie et son immense savoir, mourut dans la misère,abandonné de tous, et même de son chien magique,sur un grahat de l’hôpital de Lyon, en 1535, et ce