294 CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE, ETC.
I] est même permis de supposer que Rabelais, setrouvant à Rome auprès du cardinal Du Bellay, avaiteu l’occasion de se rencontrer avec Théophile Fo-lengo, qui s’était retiré alors dans le couvent de SantaCroce di Campesio, près deBassano, dans la Marchetrévisane, non loin de sa chère ville natale de Man-toue. Folengo n’avait pas renoncé encore au genremacaronique, et les moines, qu’il n’épargnait guèredans ses satires burlesques, lui suscitaient mille tra-casseries. Rabelais a voulu peut-être caractériser lesméchancetés que le pauvre Coccaie avait à subir dela part de ses confrères, en rappelant que ce poètemacaronique avait composé un traité spécial sur lapatrie des diables. Ce fut pour donner satisfactionaux religieux de son ordre, et pour faire, en quelquesorte, amende honorable, que Folengo fit imprimerà Venise, en 1533, un poème séi’ieux et ennuyeux,in ottava rima , intitulé : La humanita del figliuolodi Dio.
Rabelais, dans le chapitre 23 de son tiers livre,nous montre Panurge reculant devant la crainte detomber au milieu des diables : « Je meurs, par Dieu!de malle raige de paour. Soy trouver entre diablesaffamez! entre diables de factions! entre diablesnégociants! » Le chapitre entier est consacré à uneespèce de dissertation, bien digne de Merlin Coccaie,sur la nature des diables.