SUR LES BIBLIOTHÈQUES IMAGINAIRES. 325
chants, et chaque chant en vingt-quatre chapitres, etchaque chapitre en vingt-quatre dixains, œuvre de\ 724800 vers, sans les arguments 1 .
« Apologie de Saluste du Bartas et d’autres poètesanciens qui ont essayé de mettre en vogue les motscomposez : où il est montré que les François, encette occasion, n’ont été que des pagnottes en com-paraison des Grecs et des Romains, par l’exempled’Aristophane, de Plaute et d’autres autheurs.
« La Vis sans tin, ou le projet et dessein d’unroman universel, divisé en autant de volumes que lelibraire en voudra payer.
« La Souricière des envieux, ou la confection descritiques et censeurs de livres, ouvrage fait pour laconsolation des princes poétiques détrônez, où il estmontré que ceux-là sont maudits de Dieu qui décou-vrent la turpitude de leurs parents et de leursfrères.
« La Lardoire des courtisans, ou satyre contreplusieurs ridicules de la cour qui y sont si admira-blement piquez que chacun y a son lardon.
« La Clef des sciences, ou la Croix de par Dieu duprince, c’est-à-dire l’art de bien apprendre à lire et
1. Il serait sans doute assez difficile de trouver un poème offrant,comme X Amadïsiade, près d’un million huit cent mille vers, et cc neserait pas trop de neuf cent mille hommes pour le lire; mais on saitqu’il a été imprimé en Italie au seizième siècle, lors de la voguedes épopées chevaleresques, quelques poèmes qui ont soixantechants et au delà. Devenus très-rares, ils sont, lorsqu’ils se pré-sentent dans quelque vente, payés fort cher par des bibliophilesqui les couvrent de maroquin, mais qui se gardent bien de lesouvrir.