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Catalogue de la bibliothèque de l'Abbaye de Saint-Victor au seizième siècle / rédigé par François Rabelais ; commenté par le bibliophile Jacob [i.e. Paul Lecroix] ; suivi d'un Essai sur les bibliothèques imaginaires par Gustave Brunet
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ESSAI

Amours d'Anne d'Autriche 1 , et la Cassette ouvertede Madame de Maintenon, d’autres qui n’exis-tent pas, ou qui, comme le Cochon mitre , endeux volumes in-4°, n’ont jamais existé de ceformat.

Puisque nous parlons des livres sortis des presseshollandaises, disons qu’un ouvrage licencieux, plu-sieurs fois réimprimé, et dont la première éditionporte la rubrique de Cologne, 1682, Vénus dansle cloître , par l’abbé Duprat (Barin), renferme uncatalogue d’ouvrages fort peu édifiants et qui sonttrès-probablement supposés, en grande partie dumoins. Voici les titres de cette bibliothèque infer-nale; nous n’avons rencontré sur aucun catalogue

1. Qu’il nous soit permis de placer ici une observation. On con-naît six ou sept éditions du libelle intitulé : les Amours d’Anne d’Au-triche } épouse de Louis XIII , avec Monsieur le C. de R., véritable pèrede Louis XIV. Dans une de ces éditions ( Cologne , 1696), on a rem-placé les initiales par les mots M. le cardinal de Richelieu, choseabsurde, car le cardinal ne figure nullement dans cette relation.Le savant auteur du Manuel du Libraire observe cc qu’il n’est pasplus exact peut-être de dire que les initiales désignent le comte deRivière. » Nous pouvons mentionner un autre personnage auquella lettre R s’applique aussi et que la chronique scandaleuse signalacomme ayant été écouté d’Anne d’Autriche. Transcrivons ce qu’onlit à cet égard dans un ouvrage peu connu en France : les Portraitshistoriques des Hommes illustres de Danemarck , par Tycho Hoffmann,17-i6 (t. II, p. 35) : cc Un capucin, nommé Joseph, fît savoir aucardinal de Richelieu que la Reine lui avoit confessé, entre autrespéchés, d’avoir conçu tant de tendresse pour un officier étranger,nommé Rantzau, qu’elle ne pouvoit s’empêcher de penser fortsouvent à lui. Le cardinal, capable de tout, trouva moyen par sanièce, alors dame d’honneur, de faire parler Rantzau seul à laReine. Cet entretien eut un tel effet que, à ce qu’on prétend, il con-tribua plus à la naissance de Louis XIV qu’un mariage de vingt-trois ans avec le Roi, »