SUR LES BIBLIOTHÈQUES IMAGINAIRES. 379
amateurs s’acharnaient particulièrement sur ces nu-méros mêmes. Madame la princesse de Ligne voulaità toute force et à tout prix acquérir le numéro 48,ce monument des fredaines de son polisson de grand-père. Tout alla bien jusqu’au jour indiqué pour lavente. Alors seulement on reconnut que M. deFortsas, pas plus que sa bibliothèque, n’avait jamaisexisté que dans l’imagination de M. Réné Chaton,bibliophile érudit, autant que mystificateur ingé-nieux.
Un ami des arts, bien connu par d’importants tra-vaux sur l’histoire de Paris, M. A. Bonnardot, s’estamusé à indiquer quelques vie Hz livres d’une raretéextrême dans son Miroiter du bibliophile parisien(Paris, 1848, in-16, à 160 exemplaires). Nous n’a-vons jamais rencontré (et nous doutons que d’autresaient été plus heureux que nous) le Parangon desfemmes astucieuses , Paris, Vérard, 1512, la Fleurdes calamitez du mariage, la Doulce consolationdes maris navrez? Quel est l’heureux mortel quipossède le Machiavel des mesnages , XArt de con-duire les femmes à la baguette et 1 'Eschole derojaulté maritale? Dans quel cabinet se cacheXApologie des cornards ? Nous l’ignorons, mais cedont nous sommes bien certain , c’est qu’il faudraitbien des billets de banque pour rester possesseursde deux des ouvrages dont M. Bonnardot nous ré-vèle l’existence, s’ils venaient un jour à se montrer