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prétextes pour !es faire sortir de ces lieux, 8 c mettre en leurplace des Augustins de la réforme du P. Rabache, autrementdite de Bourges & de S. Guillaume.
Pour justifier ce changement aux yeux du public, la Reineallégua que ces Pères ne chantoient point le plein-chant, &qu’ils ne pouvoient posséder de rentes , fans violer les statutsde leur réforme : raisons frivoles ; car, lorsque cette Prin-cesse avoir traité avec les Augustins Déchaussés , elle n’igno-roit pas que ces Pères ne pouvoient point posséder des rentes ,fans violer leurs statuts , & qu'ils ne chantoient point leplein-chant. Ce dernier article lui avoir même paru si indif-férent, que par le contrat passé avec eux, elle avoir stipuléque ces Pères chanteroient continuellement jour & nuit dansla Chapelle, des louanges, des hymnes , cantiques & actionsde grâces, fur les airs qui en feroient faits par son ordre. Maisla véritable raison , & qu’elle n’oíbit dire, c'est qu’elle étoicpiquée au vif de la liberté & de la vigueur évangélique aveclesquelles íe P. Amct la reprenoit de les fautes dans le tribu-nal de la pénitence.
Les Augustins Déchaussés se retirèrent donc de cettemaison , en protestant contre l’injuítice criante qu’on leurfaisoir. La Reine mit aussi-tôt en leur place des Religieux Au-gustins de la réforme du P. Rabache , qu’elle avoir fait venirde L aï , village à 2 lieues de Paris , & passa un contrat aveceux , pardevant Gaillard & Bontems , Notaires au Châteletde Paris, le 12 avril 1613 , par lequel elle leur donna toutce qu’elle avoir donné aux Augustins Déchaussés, & prit aveceux les mêmes engagemens. Elle fit ratifier ce nouveau con-trat à Rome par le Pape Paul V , le 14 août suivant, & obtintdesLettres-patentes du Roi LouisXIII, au mois de décembresuivant,qui furent registréesau Parlement le 19 février 1614;& à la Cour des Aides , le premier juin 1618.
Henri de Gondi , Evêque de Paris , avoir approuvé ce nou-vel établissement dès le 9 d’octobre 1613 , aussi-bien que lesReligieux de Saint-Germain-des-Prés , en qualité de Sei-gneurs spirituels & temporels de ce Fauxbourg, par acte du 11juillet I017. Henri de Bourbon, Evêque de Metz, & Abbé deSaint-Germain-des-Prés , avoir donné pareillement son con-sentement , le n d’avrili6i3.
La Reine Marguerite étant morte le 27 mars iór 5 , avoirfait donation entre-vifs au Roi Louis XIII de tous ses biens,meubles & immeubles , dont elle ne s’étoit réservée quel’usufruit. Elle n’eut par conséquent, ni les moyens , ni lerems d’essectuer les promesses qu'elle avoir faites pour cette