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Tome II.
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livres d'Egliíe d’une grande ancienneté & d'une richesieinfinie ; car , les couvertures font enrichies d’or , de perles ,de pierreries de plusieurs espèces , entre lesquelles est unsgrosse amátìste gravée en creux , qui représente un Empe-reur Romain.

Parmi ces volumes, il y a un manuscrit qui contient leíEvangiles , & qu’on croit être du tems de Charlemagne. L’é-criture , les vignettes , & les autres ornemens font admira-bles. Un grand calice d’or & fa patene , orné d’émaux clairsdamasquinés d’or. Deux burettes de cryslal de roche , parfai-tement bien taillées & vuidées. Une croix d’or en filigrane ,d’une grandeur considérable. Deux autres Croix, aussi d’or ,couvertes de rubis, d’éineraudes, de saphirs , de hyacintes ,& de grosses perles. II y aaulTiuneagathe-onix , d’une beautéfi parfaite , que jusqu’à présent on n’a rien vu dans ce genrequi en approche.

Cette précieuse pierre est de figure ovale, un peu pluslarge néanmoins par le bas que par le haut : elle a un piedmoins quelques lignes dans fa plus grande longueur , & en-viron dix pouces dans fa plus grande largeur, Lc fond de cettSagathe est noir, & les figures qui y font gravées, font blan-ches , & rehaussées en quelques endroits d’un jaune doré,qui est naturel à la pierre, mais que le Graveur a fait habi-lement entrer dans son dessin. Les Lapidaires disent que laNature n’a jamais produit d’agathe-onix d’une aussi prodi-gieuse grandeur, & les Antiquaires prétendent que Rome ,dans fes plus beaux jours , n’a rien fait de si beau, que lesfigures gravées fur cette pierre; ainsi , c’est un vrai chef-d’œuvre de la Nature & de l’Art*.

Ce fut Baudoinll , Empereur de Constantinople , dont ona parlé ci-dessus, qui la vendit à S. Louis. Elle est montéedans un châssis, aux quatre coins duquel son t peints les quatreEvangélistes , & leurs noms écrits en Grec. On croit que cefut le Roi Charles V qui y fît ajourer ces ornemens , dansla croyance où l’on étoit alors, que ces figures repréfentoientle triomphe de Joseph, en Egypte. On prétend que M. de Pey -rejc fut le premier, en 1619, qui s’apperçut que ce sujet

* Cette agathe si précieuse a été cassée , & est à présent de deux mor-ceaux , par l’aveugle complaisance de ceux qui font voir ce trésor ,& sotiepasser de main en main les plus belles pièces dont ils ignorent les beauté»& L valeur.

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