LES FORÊTS
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liaient de sucs, se gorgeaient de carbone; elles ne pre-naient pas le temps de serrer et de durcir leurs tissuslâches et mous, elles n’étaient occupées qu’à croître, à sedilater en tous sens : elles constituaient, par leur déve-loppement individuel, et plus encore par leur nombre,d’immenses laboratoires travaillant à distiller de l’oxy-gène, qui fonctionnaient sans interruption, car l’annéen’avait pas de saisons, et qui couvraient toute la surface dela terre, car il n’y avait alors ni zones tempérées, ni zonesglaciales : la zone torride enveloppait tout le globe, ycompris ses pôles.
Pour se faire une idée du prodigieux développementque la vie végétale avait pris dans le monde primitif, ilfaut se rappeler les -houillères de Saarbruck, qui ren-ferment jusqu’à 120 lits de charbon superposés, et qu’àJohnstone, en Écosse, au Creusot, en Bourgogne, ontrouve des couches de houille épaisses de 10 et même de16 mètres; il faut en même temps songer que les arbresqui couvrent aujourd’hui une surface donnée dans les ré-gions forestières de notre zone tempérée formeraient àpeine, en cent ans, un lit de carbone de 16 millimètresd’épaisseur.
Quand ces premières forêts eurent accompli leur œuvre,d’autres les remplacèrent et s’employèrent à la mêmetâche. Les populations végétales qui les composèrentfurent d’abord principalement des Cycadées et des Coni-fères, les premières présentant l’aspect de Palmiers nainsau tronc court, massif, renflé et comme ovoïde, surmontéd’un panache de frondes pennées, les seconds s’élevantau rang d’arbres de première grandeur, les uns rivalisantde taille et de port avec les Araucaria actuels, les autreségalant nos plus beaux Cyprès, avec des rameaux plus fortset plus vigoureux. Puis, apparut une flore sensiblementanalogue à celle de l’Inde et en général des régions tropi-cales; le Palmier en était la forme dominante. Vinrentensuite des Lauriers, des Camphriers et d’autres arbres qui