LES FORÊTS
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On a dit très justement : Pas d’eau, pas de plantes; pasde plantes, pas d’animaux ; pas d’animaux, pas d’hommes.Or les forêts agissent sur l’intérieur des continents de lamême manière que la mer sur les îles et sur les côtes :elles y sont une source d'humidité.
Quand on voyage, ou seulement qu’on se promène àpied dans la campagne, on est averti qu'on approched’une région boisée, avant d’avoir aperçu les bois mêmes,par la fraîcheur humide et pénétrante de l’air qu’onrespire. C’est que, de ces vastes et profondes masses defeuillage, il se dégage sans cesse une abondante vapeurd’eau qui se répand aux alentours en rosées vivifiantes.Les champs, les prés, les buissons, les haies, les gazonsdes jardins se font remarquer par l’éclat de leur verdure,tandis que la végétation des cantons dénudés languit sousl'ardeur desséchante du soleil. Si les vapeurs dissoutesdans l'atmosphère étaient apparentes, on verrait les forêtsperpétuellement enveloppées d’un manteau de brume.
En outre, on a observé, et de nombreuses expériencesont prouvé que les pluies, principal élément de la fer-tilité d’un pays, sont plus fréquentes dans les cantonsriches en bois que dans ceux qui en sont dépourvus. Sil’on place un pluviomètre au-dessus d’un massif aumilieu d’une forêt, et un autre, à la même hauteur, enplaine, à deux ou trois cents mètres de distance, onrecueillera une quantité d’eau notablement plus grandedans le premier que dans le second; cette proportionaugmentera à mesure que le second instrument seraplacé plus loin, là où l’action de la forêt se fera demoins en moins sentir.
de certains domaines ruraux. Le pin — maritime et sylvestre —fournit au sol des détritus qui permettent d'y cultiver ensuite sansfumure, pendant un certain nombre d’années, du seigle et du sar-rasin. Lorsque la terre est épuisée par cette série de cultures, denouveaux semis de pins lui rendent sa fertilité, et font place denouveau, après 25 ans. au sarrasin et au seigle.