LES FORÊTS
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entre leurs colonnades règne un vide solennel ; le sol,tapissé d’aiguilles sèches, reste nu ; sur d'autres points,les Bouleaux au feuillage menu et léger, aux rameauxsouples et retombants, semblent garder en été, sur leurstroncs d’une éclatante blancheur, la robe de neige dontles ont revêtus les longs hivers.
Les Chênes, les Hêtres, les Frênes, les Charmes, lesTilleuls, les Châtaigniers, les Érables unissent et mé-langent leurs formes diverses, leurs feuillages différem-ment découpés et nuancés, pour décorer les régions tem-pérées. Ils vivent rapprochés, mais non confondus ; chacund’eux défend sa place, garde son individualité. Ils ne setouchent que par leurs cimes arrondies qui, vues de loinou de haut, forment comme une mer de verdure auxvagues gonflées. Entre leurs troncs puissants, sous lavoûte de leurs nobles ramures, ils laissent végéter libre-ment tout un monde de charmants arbrisseaux, Noisetiers,Troènes, Fusains, Aubépines, Poiriers sauvages, Églan.tiers, Chèvrefeuilles, Lierres et Houblons grimpants, etsur le sol un tapis serré de plantes basses, de gazon et demousse. Ces trois étages de végétation ne cherchent pas àempiéter l’un sur l’autre; loin de se nuire, ilss’entr’aidentmutuellement.
Les forêts des contrées chaudes qui s’étendent entre lesdeux tropiques de chaque côté de l'équateur, ont un toutautre aspect. Favorisées par l’intensité et la continuité dela chaleur ainsi que par des pluies abondantes, elles sedéveloppent avec une vigueur prodigieuse. Ce n’est plus,comme dans nos bois, une demi-douzaine d’essences sedistribuant entre elles le terrain avec une ordonnance etune sorte de régularité qui semble l’effet d’une équitableconvention, du sentiment d’une sage harmonie; c’est unemultitude d’espèces différentes rivalisant d’exubérance,se disputant le sol et l’espace. Non seulement les tigesépaisses, gonflées de sucs, des Palmiers et des Bananiers,leurs feuilles gigantesques s’épanouissant en parasols, en