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LES FORÊTS
éventails, en panaches, se pressent, se mêlent, se sur-montent, mais d’innombrables lianes, s’enroulant autourd’elles, les poursuivant dans toutes les profondeurs, àtoutes les hauteurs, les étreignent dans leurs nœuds re-doublés et les lient les unes aux autres, tandis qu’unefoule de plantes parasites, se greffant sur toutes les sur-faces végétales restées libres, achèvent de remplir lesmoindres intervalles. Le tout forme un véritable chaosde végétation, une masse compacte, impénétrable, d’uneéternelle verdure. Telle est la splendide parure d’unegrande partie de l’Amérique équatoriale, de l’Inde, del’Indo-Chine, du grand Archipel malais.
Au sud de l’équateur, les régions forestières se suc-cèdent dans un ordre inverse, s'appauvrissant à mesurequ'elles se rapprochent du pôle, sans toutefois descendreà l’indigence de l’extrême nord, puisque les terres de cethémisphère, sauf quelques îles, se tiennent prudemmentà une grande distance du cercle polaire antarctique.
Il ne faut pas croire que ces différentes zones forestièressuivent exactement les degrés de latitude, ni qu’ellessoient séparées par des lignes de démarcation nettementtracées. Elles s’élargissent ou se rétrécissent, elles s’élè-vent ou s'abaissent sur tels points de leur pourtour, selonla configuration du sol, la direction des vents, la présenceou l’absence des cours d’eau, circonstances qui modifientles conditions climatériques, et elles se pénètrent réci-proquement, elles se fondent les unes dans les autres surleurs confins.
Les montagnes, qui portent sur leurs flancs plusieursclimats échelonnés, troublent ou plutôt varient, dans lacontrée où elles s’élèvent, l'uniformité de la populationvégétale. Elles introduisent dans la zone tempérée la zonefroide, et dans la zone tropicale les deux autres. Voici,par exemple, le mont Canigou, de la chaîne des Pyrénées :à sa base, les Oliviers et même les Orangers mûrissentleurs fruits ; plus haut, on voit s’étaler les larges cimes