LES FORÊTS
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trées, coupant, abattant sans relâche, dénudant non seu-lement les plaines et les vallées, mais aussi les collineset les montagnes, sans souci de ce que deviendront, aprèsce déboisement à outrance, les sources, les ruisseaux quialimentent les rivières et les lacs. Et tandis que la cognéefrappe les arbres un à un, trop souvent un incendie,allumé par un foyer imprudemment abandonné avantd’être éteint, dévore d’un seul coup des pans entiers deforêt.
La Sibérie possède d’immenses massifs de Pins et de Mé-lèzes, qui de la rive droite de la Léna s’étendent jusqu’auxmonts du Baïkal. Mais des chasseurs et des marchandsles ont parcourus, les uns à la poursuite des animaux àfourrures, les autres pour aller dans le nord à larecherche des dents de mammouth, et dans leurs stations,ils ont mis le feu au bois, soit pour se chauffer, soitseulement pour faire de la fumée afin d'éloigner les mous-tiques qui les incommodaient, de sorte que, l’incendies’étant propagé, on voit dans ces forêts de vastes et si-nistres clairières, encombrées de débris carbonisés, au-dessus desquels se dressent çà et là de grands troncs noir-cis, couronnés d'une cime desséchée et d’un rouge de feu,comme si elle flambait encore. Ces parties brûlées ont quel-quefois 50, 100 kilomètres de longueur.
Si le Japon, où d’anciennes lois, que tous les peuplesdevraient envier, défendent d’abattre un arbre sans leremplacer aussitôt par un autre, a conservé une richevégétation forestière, la Chine, défrichée à outrance, estune des régions les plus déboisées et les plus enlaidies dumonde. Dans l’IIindoustan, en Birmanie, les tribus sau-vages et aussi les paysans ne voient dans les bois qu’unefumure pour la terre ; ils les arrachent, les laissent sé-cher, y mettent le feu et sur leurs cendres ils sèment,au moment des pluies, du riz ou du millet; après deuxou trois récoltes, ils vont plus loin féconder d’autreschamps, c’est-à-dire incendier d’autres forêts. Qu’on ne