LES FORÊTS
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ses bois et le Volga voit tristement décroître d’année enannée le volume de ses eaux. L’Angleterre n’a plus quedes champs et des prés; elle aime passionnément lesbeaux arbres et elle plante des avenues et des parcs, maiselle doit aller chercher au loin, sur ses navires con-struits avec des bois étrangers, la matière ligneuse qu’elleconsomme. La France a réduit peu à peu ses cantonsboisés au sixième de sa surface, et la plupart de sesforêts, chétifs taillis entrecoupés de clairières, sontindignes de ce nom ; elle a à se reprocher sa Sologne, saDombes, sa Brenne, ses Landes, tristes déserts qu’elle acréés elle-même, ainsi que ses Pyrénées et ses Alpes,dénudées par les hommes et par les troupeaux, et quise vengent par la fureur de leurs torrents.
11 est juste d’ajouter que parfois l’homme, effrayé deson œuvre, pris de repentir, s’est efforcé de réparer lesmalheureux effets de son insouciance ou de son avidité.Nous verrons que, chez les nations vraiment civilisées,l’État a fait enfin intervenir la science dans l’exploitationdes forêts dont il dispose, et que, sur plus d’un point, ona entrepris de restituer aux montagnes, aux terres sté-riles, la seule végétation qui leur convienne et qui puisseles régénérer. Mais quels sacrifices de temps, de travail,d’argent ne nous faudra-t-il pas faire pour obtenir, im-parfaitement peut-être, ce que la nature nous avait silibéralement et gratuitement accordé !