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LES FORÊTS
futaies du Gros-Fouteau et du Bas-Bréau ; le Chêne d’Al-louville, près d'Yvetot, qui a près de douze mètres decirconférence et dont on évalue l'âge à 900 ans ; l’énormeHêtre des Beauremonts, dans la forêt de Compiègne; leChêne de s Vendeurs, de la forêt de Montfort, qui mesureplus de treize mètres de tour; celui de la Chair au Pointdans le bois de Saint-Benoît-du-Sault, encore deboutnaguère et dont la circonférence n’avait pas moins dedix-sept mètres à trois mètres au dessus du sol; celui deTreignac, dans la Corrèze, plus gros encore, dont lesprincipales branches avaient l m ,20 de diamètre et quicouvrait de son ombrage une surface de plus de dix ares.Qu’on se figure une futaie formée de pareils colosses!Pline, parlant des Chênes de ces forêts de la Germanie etde la Gaule, s’exprime ainsi : « La majestueuse grandeurde ces arbres dépasse tout ce qu’on peut s’imaginer ; ilsn’ont jamais été frappés par la cognée; ils sont con-temporains de la création du monde et semblent lesymbole de l’immortalité. Là où leurs puissantes ra-cines se rencontrent, elles soulèvent en un monticulela terre qui les recouvre, et, si le sol résiste, elles sur-gissent, elles montent jusqu'au niveau des branches,elles s’entrelacent et forment des portiques, des ar-cades sous lesquelles pourraient passer à cheval des es-cadrons entiers. »
La longue guerre des Romains et des Gaulois fut fu-neste aux forêts; bien des fois, durant cette lutte acharnéede huit années, elles furent incendiées, tantôt par lesGaulois pour arrêter la poursuite de l’ennemi, tantôt parCésar ou par ses lieutenants pour déloger les Gaulois desretraites où ils s’étaient réfugiés. A la conquête succé-dèrent l’occupation, la colonisation et par conséquent lesdéfrichements, mais exécutés avec mesure, avec méthode.Les Romains étaient des hommes pratiques, ne négligeantrien, réglant tout. Ils savaient la valeur des forêts etl’intérêt qu’ils avaient à les ménager. Leur loi des Douze