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LES FORÊTS
parer non seulement ses propres bâtiments, mais toutesles maisons qui dépendaient de lui, et pour enclore depalissades leurs vignes et leurs jardins. Tel autre, seule-ment pour lessiver son linge, emportait annuellementvingt-six charretées de bois. Les seigneuries n’avaientpas plus de réserve : celle-ci ne consommait pas moinsde 40 cordes par an; celle-là empilait dans ses bûchers4 charretées à 3 chevaux par semaine ; cette autre s'ap-provisionnait de 5 charretées à 2 chevaux par jour. Lespetits usagers, de leur côté, outrepassaient leurs droits.L’un, qui devait seulement faire ramasser ou casser à lamain, « sans ferrement », du bois mort par des femmeset des « valletons qui ne portent brayes, étant de l’âgede 12 ans et au-dessous », y envoyaient des hommesmunis d’une serpe. L’autre faisait confusion du bois mortet du mort-bois, qui étaient pourtant bien différents,le second consistant en bois vifs tels que marsaux, aunes,coudres et épines, et il prenait les deux; ou bien, avecles menues branches permises, il coupait aussi les tigesformellement interdites. Un autre, en sus des genêts etdes bruyères, qui étaient son dû, coupait des perchesdans les taillis, où il n’avait pas entrée, et au lieu d’em-porter sa charge sur son dos, il la mettait, double ettriple, dans une voiture, ce qui était une fraude passibled’une amende. La négligence ou la connivence des agentsforestiers favorisait trop souvent ce pillage 1 .
Quand on parcourt le recueil des ordonnances des roisde France du treizième au quinzième siècle, on y trouvela constatation de la ruine croissante des forêts. Louis IXse plaint de i’improbité des baillis, sénéchaux et autresofficiers, qui, s’attribuant une part sur le produit de lavente des bois, multiplient les coupes. François I er s’ef-force de réprimer par des peines sévères les déprédations
t. Voir René de Slaulde, Élude sur la condition forestière del'Orléanais .