CHAPITRE IV
Régénération de la Sologne par les plantations de Pins. —'Boise-ment des dunes et des landes en Guyenne et en Gascogne.
Notre pays n'a pourtant pas perdu la plus grande par-tie de ses ressources forestières sans que des hommesprévoyants, navrés de l’insouciance générale, aient si-gnalé le mal et donné de sages conseils. Au seizièmesiècle, Bernard Palissy disait dans son énergique et naïflangage : << Quand je considère la valeur des moindresgittes des arbres, je suis tout émerveillé de la grande igno-rance des hommes : il semble qu’aujourd’hui ils ne s’es-tudient qu’à rompre, couper et déchirer les belles forêtsque leurs prédécesseurs avaient si précieusement gardées.Je ne trouverais pas mauvais qu’ils coupassent les forêtspourvu qu’ils en plantassent après quelque partie; maisils ne se soucient nullement du temps à venir, ne consi-dérant pas le grand dommage qu'ils font à leurs enfants.Je ne puys assez détester une telle chose, et ne la puysappeler une faute, mais une malédiction et un malheur àtoute la France, parce qu’après que tous les bois serontcoupez, il faut que tous les arts cessent et que les arti-sans s’en aillent paistre l’herbe, comme fit Nabuchodo-nosor. » Buffon, effrayé, lui aussi, de voir venir le mo-ment où la France manquera de bois, reproche à sescontemporains leur indolence, leur égoïste envie de jouir