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LES FORÊTS
bien ce qui se passe : le flot de sable accourt de la plageen la rasant, il escalade la pente antérieure de la duneet, dans cette ascension, s’augmente d’une nouvellequantité de sable enlevé à la superficie de cette pente;il arrive sur la cime, la parcourt et s’entasse en cor-niches sur les dernières arêtes d’où, de moment en mo-ment, il s’éboule pour se répandre en nappe sur leversant postérieur. Lorsque le vent souffle en tempête,l’opération s’accélère et se fait d’une manière désor-donnée, tumultueuse : les crêtes des collines sablon-neuses se hérissent de panaches de poussière; on diraitqu’elles fument comme de petits volcans; des masses desable s’en détachent, roulent avec bruit et forment destraînées inégales le long du talus d’éboulement. C'estainsi que les dunes empiètent incessamment sur lesterres de l’intérieur. Elles avancent d’environ 20 mètrespar an. On les a vues, par un grand vent, progresser deplus de GO centimètres dans l’espace de o heures.
A cette invasion des sables sur la lande, rien ne résis-tait; il fallait reculer. Les grands étangs qui confinaientà la base orientale de la dune se retiraient et, toujoursrepoussés, voyageaient de l’ouest à l'est. Des villages, quis’étaient créé à grand’peine de petites oasis dans labruyère, se voyant cernés et sur le point d’être engloutis,ont dû plusieurs fois s’enfuir et ont été définitivementabandonnés; on sait leurs noms : Lillan, Lélos, Sart, An-chise, mais on ignore où ils étaient situés et ce qu’ilssont devenus. Celui de Lège s’est transporté, de 4 kilo-mètres en 1480, de 5 kilomètres en 1660, plus avant dansles terres. Le bourg de Mirmizan, qui fut l’un des plusimportants des Landes, se décida à émigrer quand lesdeux pointes avancées d’un croissant de sable se recour-baient déjà autour de lui, comme deux bras pourl’étreindre et l’étouffer. Les bergers et les pêcheursn’avaient pas d’établissement durable; ils vivaient, ainsique leurs familles, en nomades, en fugitifs; chassés par le