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LES FORÊTS
On voit que le système du taillis est tout artificiel ; onne s’y conforme pas à la nature, on la contrarie, on laviolente. Le plus grand inconvénient de ce régime est ladénudation périodique du terrain, qui, lavé par les pluies,desséché par les vents, brûlé par le soleil, perd son humi-dité et sa fertilité; les arbres, y trouvant de moins enmoins les éléments qui leur sont nécessaires, languissent,deviennent rachitiques. Dans les terres fraîches et grasses,la végétation reste longtemps vigoureuse ; mais, dans lesparties sablonneuses et arides, elle s’appauvrit peu àpeu et succombe. Partout où le sol est maigre et sec, letaillis finit par ruiner la forêt. Qui n’a été frappé, à Fon-tainebleau, de voir, tout à côté de magnifiques futaiesséculaires, ces misérables taillis, rabougris, clairsemés,envahis par les Bruyères et les genévriers. Pourtant leterrain est identique de part et d’autre, c’est le mêmesable à peu près pur; mais ici l’ombreuse futaie l’abriteet le fertilise, là le taillis l’a stérilisé 1 .
Le taillis-sous-futaie est de beaucoup supérieur au tail-lis simple. Aux produits de ce dernier il joint une partiede ceux de la futaie. Il séduit par son aspect : les deuxétages de végétation qu’il présente, les vastes dômes deverdure dont son faîte est mamelonné, donnent l’impres-sion de la grande forêt.
Au point de vue des sylviculteurs, il n’est pas exemptde défauts : le sous-bois, qui est un taillis, détériore lesol, comme nous venons de le dire, en le dénudant à
1. « C’est le mode du taillis quia dépeuplé les forêts d’Orléans, deFontainebleau, de Saint-Germain, de Compiègne, dit M. Tassy. Dansune forêt où l’on voit une très belle futaie de hêtres et de chênes,on trouve des taillis plus que médiocres. Les deux portions sontenchevêtrées l’une dans l’autre, et le sol est identique quant auxéléments minéralogiques ; partout, à côté de la croissance rapidede la futaie qui annonce un sol fertile, on est frappé de la croissancelanguissante du taillis qui accuse un sol appauvri, et tandis que lafutaie ne renferme que des bois durs, le taillis est déjà rempli debois blancs. »