LES FOlïÈTS
134
mieux de se servir d'une échelle et d’un .êmondoir munid’un long manche.
Ces arbres isolés ne s’élèvent pas beaucoup, leur crois-sance en hauteur s’arrête vite; mais en revanche ilss’étalent largement, ils développent une vaste et richeramure. S'ils sont par là plus exposés aux coups de vent,à la neige, au givre, en revanche ils se fortifient danscette lutte incessante; leur fibre se serre, se durcit; leurbois devient plus dense et plus robuste. Aussi est-ce àeux de préférence que l'industrie demande les charpentesles plus solides, les pièces les plus capables de résistanceet de durée. En outre, ils offrent dans leur branchage descoudes, des courbes bien utiles pour certains ouvrages etqu’on chercherait vainement ailleurs.
Quels que soient les avantages du taillis-sous-futaie, letroisième mode de traitement, la futaie, l’emporte sur lui ;seul il obtient sans réserve l’approbation des sylvicul-teurs. Il est fondé sur l’observation de la nature; il enimite fidèlement les procédés. Que se passe-t-il dans uneforêt livrée à elle-même? Lorsque les arbres ont pris toutleur développement, ils fleurissent et fructifient; leurssemences, tombant à terre, y germent, donnent naissanceà de jeunes plants; mais ceux-ci, après avoir essayé devégéter sous l’épais couvert qui les abrite, s’étiolentfaute d’air et de lumière, et bientôt périssent. De nom-breuses générations se succèdent ainsi, ne naissant quepour mourir. Mais voici qu’enfin, parmi les arbres dumassif, les plus grands, les plus vieux, ayant atteint leterme de leur vie, se dessèchent, perdent branche aprèsbranche, s'affaissent sur le sol en un monceau de pous-sière. Leur mort est le salut du jeune peuplement qu’ilsdominaient et qui n’attendait, pour prendre son essor,que des conditions favorables, de l'espace, de l’air, dusoleil. 11 s’élance donc impétueusement vers la lumière;mais il est trop nombreux; toutes ces tiges, ces branches,tous ces feuillages se pressent, s’étouffent dans cette