MiS FORÊTS
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foule compacte et qui se serre toujours davantage; il fautqu'il y ait des victimes : ce sont les plus petits, les plusfaibles; ils disparaissent et laissent de la place aux autres,qui en profitent. Chaque année il se produit de nouveauxvides, chaque année la nouvelle forêt prend des forceset monte. Un siècle, deux siècles et plus se sont écoulés,la voilà grande à son tour, en possession de toute sa crois-sance, puis vieille, décrépite, mourante, et qui peu à peucède le terrain au jeune semis né de sa graine et destinéi\ la remplacer. Ainsi agit la nature; le forestier fait demême, et il fait mieux : il retranche à temps les boissuperflus et nuisibles, et, au lieu de les laisser se perdre,il les recueille. Il y parvient au moyen d’une série decoupes faites à propos.
Ces coupes sont de deux sortes : les unes portent surle vieux massif et ont pour but de permettre le dévelop-pement du semis, qui doit reconstituer la forêt : on lesappelle coupes de régénération; les autres, nomméescoupes A'amélioration, s’appliquent au massif nouveauet se proposent d’en favoriser la croissance.
Les coupes de régénération sont au nombre de trois.Les semences, tombées des grands arbres sur une couchede terreau humide et léger, s’y sont trouvées dans lescirconstances les plus propices et ont facilement germé;mais les jeunes plants sortis de ces semences ont bientôtd’autres besoins; ils ne tarderaient pas à souffrir s’ilsrestaient plongés dans une fraîcheur et une obscurité éter-nelles; ils réclament un peu de lumière et de chaleur :on les leur procure en entr’ouvrant le massif qui lescouvre. Cette première coupe porte le nom de coupcd'ensemencement; on l’appelle aussi coupe sombre; elleest faite de telle sorte que les cimes des arbres réservésse touchent légèrement par l’extrémité de leurs rameauxquand le vent les agite : elles ne doivent pas laisserarriver le soleil massé en grandes plaques sur le sol,mais seulement divisé en petites mailles, en réseau de