LES FORÊTS
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(de là vient son nom), on voit de nombreux ouvriersoccupés à arracher l’écorce des jeunes arbres que vientd’abattre la cognée. Cette écorce, sous laquelle ruissellela sève, s’enlève avec la plus grande facilité d’un boutà l’autre de la tige. Après qu’on l’a laissée tremperquelque temps dans l’eau, on la découpe en étroiteslanières, dont on fait des liens, plus solides et plus sou-ples que ceux de paille, pour les gerbes de blé.
Mais c’est surtout en Russie que l’écorce de Tilleul,ou tille, donne lieu à un commerce étendu. « Il n'est pasrare, dit M. Clavé, de voir dans les ports d’Arkangel, deRiga et de Saint-Pétersbourg, des navires à destinationde l’Angleterre et de l’Allemagne en composer touteleur cargaison. La consommation intérieure en réclameégalement une prodigieuse quantité. Il faut avoir par-couru la Russie, il faut avoir vu les habitations despaysans, les bazars des petites villes, la foire de Nijni-Novgorod, pour se faire une idée de la variété d’usagesauxquels on emploie l’écorce de Tilleul et les nattes dontelle fournit la matière. On en fait des sacs pour la farineet les grains, des enveloppes pour les caisses où sontemballées les marchandises de toute nature, des dou-blures pour les charrettes des paysans, des tapis pourles planchers et les ponts des bateaux, des cribles àvanner le blé, des fdets dans lesquels les rouliers met-tent leur provision de foin. Sur les barques qui sillon-nent les rivières et les canaux, les câbles, les cordes etles voiles mêmes sont fabriqués avec la tille. Dans unegrande partie de la Russie, cette écorce sert à confec-tionner des chaussures pour le peuple et des couverturespour les maisons; autrefois mémo on l’employait enguise de parchemin, et l’on cite des documents écritset des tableaux peints sur des toiles de tille préparée àcet effet. #
L’écorce de la partie inférieure des arbres, qui fournitdes plaques de 1 mètre 60 centimètres de long sui‘