LES FORÊTS
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soulève, y éteint son éclat; on n’aperçoit jamais l’azurdu ciel. Les plantes sont là dans leur domaine; elles yprospèrent; elles n'y meurent que de pléthore; ellespourrissent, mais ne peuvent se dessécher. Cette régionest inhabitable pour l'homme ; il y respire la fièvre et lamort. L’Hindou, pas plus que l’Européen, ne résiste à untel climat. On y rencontre cependant quelques misérablespeuplades, végétant dans leurs cabanes de feuillage, auvisage pâle et amaigri, au corps chétif et déformé, typede la dégénérescence qu’une pareille demeure fait subirà la nature humaine. Les animaux eux-mêmes fuient leTeraï. La forêt est vide et muette; le peu d’oiseaux quis'y trouvent ont une voix plaintive.
Au-dessus de cette plaine longue et étroite (plus largeen de certains points, dans le Népaul par exemple, oùelle n’a pas moins de 15 et 20 lieues), sur les premièrescroupes de rilimalava et jusqu'à une hauteur d’envi-ron 5000 pieds, croissent de magnifiques Palmiers, desFougères arborescentes, des Bambous de la plus grandetaille, des Gommiers et des Figuiers gigantesques, aux-quels une multitude de plantes grimpantes mêlent leursdraperies de feuillage, leurs guirlandes de fleurs. Noussommes ici en dehors des tropiques, et nulle part l’Indetropicale ne déploie une végétation plus étonnante parla beauté et l’infinie variété des formes, par l’éclat etla diversité des couleurs.
Plus haut sur la montagne, depuis 0 000 jusqu’à 10 000et même 11 000 pieds d’altitude, la scène a complètementchangé; elle est plus imposante encore. C’est la régiondes grandes forêts d’arbres résineux, Pins à longuesfeuilles, Pins épineux, Cyprès, Cèdres, dont le superbeDeodara, qui atteint 70mètres déliant et 10 mètres de tour.Ces massifs d’arbres géants tapissent même les parois lesplus escarpées, les versants les plus abrupts, que le piedde l’homme n’a jamais foulés et ne foulera jamais. Ilsont au nom de forêts vierges les mêmes droits que les