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LES FORÊTS
leurs feuilles. Les vases d'airain qui étaient suspendusaux branches n’avaient d’autre office que de traduire cemurmure par des accents plus sonores, lorsque le ventles agitait et les faisait s’entre-choquer. Suivant une autretradition, les Pigeons qui habitaient dans les Chênes deDodone rendaient aussi des oracles par leurs roucou-lements. Mais de qui ces oiseaux tenaient-ils leur science,si ce n’est des arbres dans l’intimité desquels ils vivaient?
Quand les bois n’étaient pas consacrés aux grands
Sacrifice auprès d'un arbre sacré, d'après un bas-reliefdu Louvre.
dieux, tels que Jupiter, Apollon ou Diane, les Hellènesne les abandonnaient pas à l’empire d’une nature sourdeet aveugle ; ils les peuplaient de Dryades, d’Hamadryades,de Napées. Venait-on à abattre quelqu’un des arbres deces bois? Les coups retentissants de la hache étaient lesplaintes de ces charmantes divinités, chassées de leurasile.
Les Pélasges de l’Italie et, après eux, les Latins profes-saient le même culte pour les arbres. Diane régnait sur