LES FORÊTS
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sereine, bienfaisante, éternelle, est représenté dans lesplus anciennes sculptures égyptiennes et assyriennes; lesadorateurs des dieux en tiennent à la main les fruits,qui doivent leur communiquer la force et la sagessed’en haut. Cet arbre était le Palmier-dattier, le bienfai-teur de l’Orient; le Pin, ou le Cèdre, lui était quelquefoissubstitué en Assyrie, et sa force, sa majesté lui donnaitdes titres à cet honneur. Les Juifs et les Arabes mettaientaussi le Palmier au-dessus de tous les autres arbres ; ilsdisaient qu’il avait été créé dans le Paradis terrestre dumême limon qu’Adam, et ils lui accordaient la connais-sance du présent et celle de l’avenir : cet arbre privilégiéprophétisait par ses feuilles, qu’on voyait remuer bienqu’il n’y eût aucun souffle de vent; Abraham, au dire desrabbins, comprenait ce langage des Palmiers. Le Figuier(Ficus religiosa) joue le même rôle chez les Hindous.Brahma, en nommant les divers rois des animaux et desvégétaux, qui étaient les agents de la conservation dumonde, l’avait désigné pour être le souverain des arbres.Ce végétal extraordinaire, dont les nombreux rameaux sereplantent dans le sol, de façon qu’un seul pied arrive àformer tout une forêt, est considéré comme le symbolede l’intelligence. Le bouddhisme est resté fidèle à cettecroyance. Il professe une véritable vénération pour laforêt, qui, toujours paisible, toujours écoutant et médi-tant, apprend tous les mystères. Bouddha est resté septans, plongé dans ses sublimes pensées, sous l’arbre Bodhi,en qui s’est personnifiée la sagesse. C’est à l’ombre de cetarbre, qui a le don des miracles, que les disciples deÇakya-Mouni peuvent acquérir la connaissance de la vé-rité suprême. Chardin rapporte que les Persans ont desarbres sacrés, auxquels ils donnent le nom « d’arbresexcellents ». Ce sont généralement des Platanes ou des Cy-près. On les couvre de clous, d’ex-voto, d’amulettes; onbrûle à leur pied de l’encens ou des cierges pour obtenirla guérison des malades, l’accomplissement de ses vœux.