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Tome II.
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taire ,qui étoit placé près da Prince, & qn’on avoir remarquétout sanglottant, tout baigné de larmes pendant les premiersActes, voyant au cinquième, Zelmire & Polidore prêts àêtre immolés & fans aucun espoir de secours , se jetta éperdusur les genoux du Prince , & lui dit : Aye[ pitié de moi , s'ilspéristent, il faudra me remporter mort dans ma maison.

Puisque nous parlons des ouvrages de M. de Bellay , disonstout de fuite un fait relatif à fa Tragédie de Gaston & Bayard.Cette Pièce imprimée en 1769 , ne fut jouée à Paris qu’en1771 , après qu’elle eût paru fur tous les autres Théâtres duRoyaume , & même fur ceux des Cours étrangères. Ungrand Roi , célèbre aujourd’hui dans l’Europe par des vertushéroïques & de sublimes taiens , voulut Iui-mêmé , en 1772,n'étant encore que Prince Royal, représenter cette Pièce avecles Principaux Seigneurs de fa Cour : il ne dédaigna point dése charger du rôle de Bayard ; & l’un des Princes , ses frères,remplit celui de Gaston. On dit même que ce Monarque avoulu être peint dans son habit de Bayard. C’est à ce sujet queM. de Bellay a fait ce vers connu :

II fait être Héros jusques <ians ses plaisirs.

Depuis , la même Tragédie fut jouée à Bruxelles avec tantde succès , que le Prince Charles de Lorraine la faisoit repré»senter de préférence, toutes les fois qu’il invitoit des étran-gers à son Spectacle. On voit que nos Héros François font detous les pays où il y a des Héros.

Le premier Acte de Julie ou le Triomphe de l’Amitié , Co-médie en trois Actes , par M. Marin , fut fort applaudi à lapremière représentation ; le second le fut moins , & le troi-sième déplut généralement. Ce qui contribua à cette chute,c’est que tous les personnages font trop honnêtes, &sont tousles plus honnêtes-gens du monde, jusqu’aux Valets: iln’yapoint de contraste & à force démettre tropd’intérét, l'intérêtgénéral s’évanouit. Ce qui précipita encore le mauvais succèsdecette Comédie, ce fut le bonn.ot d’un Spectateur: Nous sai-sons alors une guerre peu heureuse fi Jur toutsur mer. Un Plaisants’avisa d’observer, au milieu d’une scène attendrissante, que lesMarins rí étaient pas heureux cette année. Cela étoit exactementvrai. Ce bon mot passa de bouche en bouche , & se vérifiapour l’Auteur dans cette occasion. On lui conseilla néanmoinsde faire quelques changemens à fa Pièce. II la retoucha enentier , & fit un troisième Acte tout neuf; mais les Comé-diens