Band 
Tome II.
Seite
604
JPEG-Download
 

éo4 COU

tres-patentes du Roi à ce sujet furent données à Paris , lea avril de cette année ; elles portent que cette prome-nade , qui doit avoir environ 750 toises de longueur com-mencera à rAbreuvoir-l’Evêque , hors la fausse-porte desTuileries, & finira auprès de la Savonnerie de Chaillot.Ce Cours a 1^40 pas communs de longueur , fur 40 de lar-geur. Ati milieu, il y a un rond de íoo pas de diamètre.Quatre rangs d’ormes espacés de 12 pieds en 12 pieds, for-ment trois allées, dont celle du milieu a 20 pas de largeur.A chaque bout , il y a un portail d’architecture , fermé pardes portes de fer en balustres. ( Le portail du côté des Tui-leries ne subsiste plus.) Les arbres de ce Cours , qui n’a-voient pas encore cent ans , ayant paru néanmoins tropvieux, on les fit arracher ; & !e 2.7 novembre de l’an 1713 ,le Duc à'Antin , pour lors Sur-intendant des Bltimens duRoi , le fit replanter en fa présence. Il fit la cérémoniede planter lui-même le premier de ces arbres , & attenditque tous les autres le fussent ; ce qui fut exécuté en troisheures.

Au bas de ce Cours & de l’autre côté du fossé qui le borde ,est une espèce de barraque, où est établi un Limonnadier-Pâ-tislìer, qui fournit tous les rafraîchissnmens que l’on puissedesirer , soit en vin , biere, limonade , &c. & toutes sortesde gâteaux & pâtisseries. L’on trouve aussi en cet endroit deschaises pour se reposer & respirer le frais.

Ce Cours est séparé de la chaussée ou grand-chemin quiconduit à Versailles par des fossés secs , & revêtus de pierre<Jc taille. Comme cette chauffée elt entre ces-foliés & la riviè-re , qu’elle est fans parapet, & que ce chemin est très-fré-quenté , au mois de janvier 1719 , on a fait mettre deslanternes, depuis l’endroir où étoit la porte de la Conférence,jnsqu’au boutdu Cours , qui est près de Chaillot.

Entre ce Cours & la Savonnerie , dont on parlera dans lafuite , il y avoir autrefois un terrein , qu’on nommoit lePré de la Savonnerie, & dans lequel, fous le règne de LouisXIV , on élevoit des maronniers-d’inde & des arbustes dedifférentes espèces , pour en fournir aux jardins des MaisonsRoyales.

En 1719, on y jetta les fondemens d'un grand édifice,auquel on travailla avec tant de vivacité , qu’en très-peu derems, il si,t à-demi construit ; mais en 172-3 , il fut tellementdétruit , qu’il n’en reste plus que la moindre partie. On a ditque cet édifice avoir été élevé pour être l’Hòtel de la Mon-soiej mais on n’a jamais bien su à quel usage il étoit destiné;