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Tome III.
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5^o M K R.

MÉRIDIÏNS d<t Paris. II n’y a presque point de grande*places, de grandes rues , de palais, de jardins publics, où l’onn ait prias soin de tracer des lignes méridiennes , avec des de-vises de la plus grande justesse & précision. C’est ce qu’onpeut vo ir au Palais royal, dont le cadran passe pour le meilleurde Paris,à la nouvelle Halle , &c.

Sur le pignon de la maison qui fait l’angle duPont-au-Change , du côté du Palais, on a incastré une tablette demarbre blanc , fur laquelle on a tracé une ligne méridienne,les signes du Zodiaque & les heures, & on y a coulé duplomb pour rendre le tout plus visible. Le style qui marqueles heures est doré , & le soleil est de cuivre doré d’or moulu.Cette ligne méridienne a été dirigée & tracée par M. deCajjlni ,de l’Académie Royale des Sciences , 6 c. & Maîtredes Comptes à Paris ; & tout ce qui regarde d’ailleut* cetteméridienne, a été exécuté par le Sieur Lartglois , Ingénieurdu Roi pour les instrumens de Mathématique , & le plushabile Ouvrier de toute l’Europe en ce genre.

Gnomon de l’Eglife de S. Sulpice.

Pour remédier aux inconvéniens des gnomons, où l’imagsdu soleil est confuse sur les bords , & environnée de pénom-bre , & dans ceux de quatre-vingts pieds de haut, où lesdivisions au solstice u’étésont tellement retrécies, en com-paraison de celles dont on se sert pour déterminer l’équi-noxe ou le solstice d'hiver , qu’à peine un tiers de minuteoccupe-t-il alors fur la ligne méridienne , l’espace d’uneligne ; pour remédier, dis-je, à ce défaut, on a placé en1744, dans le plan du gnomon de l’Eglise de S. Sulpice,un peu au-dessous du trou par où passent les rayons du soleil,un verre objectif de quatre-vingt pieds de foyer. Cet objectifS une ouverture particulière pour le moment du midi, en forteque le jour du solstice d’été, les rayons du soleil tombantsur le verre qui est bien centré, &n’y occupant qu’un espacede trois pouces de diamètre, se réunissent si distinctementsur une grande surface de marbre qui est parfaitement horì-sontalc , qu’on peut être assuré de déterminer , par l’obser-vation des deux bords fur la ligne méridienne , le lieu dncentre de cette image, à un quart, & souvent à un sixièmede ligne près. Ce gnomon est plus parfait que ceux de Mar-seille , de Rome & de Boulogne , à cause de son extraor-dinaire solidité; & l’on peut s’en servir pour déterminer,non les hauteurs absolues du soleil, njais seulement les disse-