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Tome III.
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Avril, Mai & Juin. Nous ne savons pas la cause d’une tellecoutume, ni le temps cù elle commença. Nous ne sommespas non plus fort instruits de la manière dont elle s’obser-voit. Nous savons feulement que le Pair qui préfentoit cesfleurs , faisoit joncher de roses, de fleurs & d’herbes odo-riférantes , toutes les Chambres d u Parlement, &r avant P Au-dience donnoit splendidement à déjeuner aux Présidons Lc auxConseillers , même aux Greffiers & Huissiers de la Cour.II alloit ensuite dans chaque Chambre , faisant porter devantlui un grand bassin d’argent , plein d’autant de bouquetsd’oeilleta , de roses & d’autres fleurs de foie ou naturelles ,qu'il y avoit d’Oflìcicrs , & d’autant de couronnes de même,ìéhaussées de ses armes. On lui donnoit ensuite Audiencedans la Grand-Chambre , puis on entendoit la Meilè. Leshautbois jouoient pendant tout ce temps-là , cxceptédurantf Audience ; ils ailoient mêine jouer chez les Prcsidens avantleur diner. II faut observer de plus , 1°. que celui qui écri-voit fous le Greffier, avoit son droit de roses. 2°. Que leParlement avoit son Faiseur de roses , appelle le Rofier dela Cour. 3°. Que les Pairs achetoient de lui celles dont ilsfaiíoient leurs présens. Le Parlement de Paris ordonna le Í7de Juin I541 , que Louis de Bourdon , Prince du Sang, Ducde Montpensier, créé Duc & Pair an mois de Février 1338,lui présenterait des roses avant François de Clives , crééDuc de Nevers , Pair de France, an mois de Janvier de lamême année 1538. La présentation des roses se faisoit gé-néralement par tous ceux qui avoient des Pairies dans leRessort du Parlement. Parmi les Princes du Sang , on trouveavec les Ducs de Vendôme , de Beaumont & de Montpen-sier , ceux de Château-Thierri, de Saint-I argeau , d’An-goulême , & plusieurs autres. On trouve même qu’Antoinede Bourbon, Roi de Navarre, & Jeanne d'Albret fa femme,s’y assujettirent en qualité de Ducs de Vendôme. L’an1586 , Henri leur fils qui n’étoit alors que Roi de Na-varre, justifia au Procureur-Général, que ni lui, ni ses pré-décesseurs n’av úent jamais manqué de satisfaire à cette re-devance. Les Fils de France en 1377 , & depuis encoreFrançois , Duc d'Alençon , fils de Henri II, s’y soumirentainsi que tous les autres. Personne, en un mot, ne s’eneslexempté qu 1 nos Rois & nos Reines. Cette redevance acessé dans le siècle dernier , fans que l’on puisse en fixerprécisément l’époque. II y a apparence que c’est sous leMinistère du Cardinal de Richelieu.

Henri II, en 1554 , voulut que le Parlement de Paris f