S E N
lits ; un Hópital-Général, dans lequel on reçoit les pauvresincapables de travailler, Sc qui a le droit d’avoir tontessortes de manufactures : une Maison d’Orphelines , où l'onnourrit jusqu’à l’âge de seize ans celles qui font pauvres ,& où l’on prend soin des biens de celles qui ont besoinde ce secours. &c. On a tenu à Sens plusieurs Conciles : lefameux Abndard y fut condamné en 1140. On y examinale livre à'Edmond Richcr , sor la puiílance ecclésiastique, en1612..
La Ville contient environ sept mille Habitans. II y atrois places assez vastes , & deux promenades fort agréa-bles. M . de Sauvigny, Intendant de la Généralité , a fait fairela magnifique esplanade que l’on voit à feutrée de la portede Paris.
On a tiré de la rivière de Vannes plusieurs filets d’eau ,que l’on a distribués dans les rues , pour la commodité desHabitans , & pour y entretenir la propreté. Le pont sorl’Yonne est fort beau. On y prend le Coche d’Auxerre pourParis, deux fois par semaine.
II n’y a dans Sens aucun commerce ; elle ne tire ses prin-cipaux revenus que des marais des environs, & des droitsque paient les vins de Bourgogne, que l’on voiture fur farivière. Seplement on fabrique beaucoup de bas de soie dansl'on Hôpital-Général, & on y voit une filature de coton àl’Angloise , qui fut entr prise par les ordres de M. de Tru-daine , Intendant des Finances. On fait encore dans la Villebeaucoup d’horloges d’eau , dot.t un Bénédictin de SaintPierre-te-Vif montra le méchaniíme à un Ouvrier. On enenvoie par-tout le Royaume, & jusques dans nos Colonies.
Sens a produit quelques hommes de Lettres. Le plus connuest le Jurisconsulte Loyscau , qui y a été Lieutenant Parti-culier. M. le Blanc , Secrétaire d’Etat de la Guerre , en étoitoriginaire. On trouve à Sens des secours pour les sciencesdans la bibliothèque publique , qui vientde M, Fenel, Doyendu Chapitre , 8 c dans celle que son Archevêque M. Langueta laissée à ses successeurs.
Les anciens Archevêques de cette Ville ont leur sépul-ture à Saint Pierre-le-vif. On y en compte quarante. Laplupart d’entr’eux ont été tirés de cette Abbaye dont ilsétoient Religieux. On voit encore*dans une aile du cloître,le tombeau de Henri le Sanglier. Cette Maison est de l’Ordrede Saint Benoît. L’Abbaye fut fondée par Clovis en 507,à la prière de Sainte Théodechilde. On a uni la m anse abba-tiale à la Cure de Versailles.