savoir des hommes profondément instruits est sansmorgue et communicatif. On trouve encore de la bon-homie et de la vertu dans la classe moyenne, parcequ'avec le travail elle chasse le vice et le besoin. Es-sayons d'esquisser le tableau d’une journée de Paris .
Tandis que le calme règne dans les quartiersopulens, que l’ouvrier se délasse encore dans les brasdusommeiidesfatiguesd'une pénible journée, à la lueurdes lanternes àdemi-éteintes sis mille paysans arriventconduisant à la Halle des voitures chargées de légumeset de fruits; le maraîcher y vient courbé sous des mon-ceaux d’herbes potagères. En marché commence , oti sevendent en gros les denrées qui alimenteront dans lejour les marchés de détail. Bientôt suivent à la fileles voitures de marée , de beurre et d’œufs. LaVallée se garnit de volailles et de gibier. La vente engros cesse à neuf heures ; les paysans regagnent leursdemeures rustiques, laissant les halles, pour le restede la journée, aux marchandes en détail. Dès l’aubedu jour, les chars des laitières ont devance les lour-des voitures des rouliers, succombant sous le poidsénorme des marcliandises de toute espèce qu'elles amè-nent; leurs files se croisent avec les pesantes diligen-ces qui broient le pavé en emmenant les voyageurs ;l’ouvrier s’arrache de sa couche. A six heures l'ac-tivité renaît dans tous les ateliers; les métaux se fa-çonnent de mille manières, l’enclume résonne sous lemarteau du vigoureux forgeron; le bois reçoit toutessortes de formes agréables et utiles sous la main ducharpentier , dumenuisier, du tourneur, de l’ébéniste;la laine, la soie et le coton, conduits par une navettehabile, composent de leurs trames les plus belles étof-fes , tandis que la pierre se modèle de toutes façonspour entrer dans la construction des édifices, lomarbre et la toile s’animent sous le pinceau de l’hommede génie, ou le ciseau du statuaire. Les ouvriers inter-rompent durant une heure leur travail, ù neuf heures ,pour déjeuner, et à deux pour dîner, et le continuentII e . ÉDITION. 5