On pourra peut estre, Magnifiques Seigneurs, me croirepeu capable dans les affaires qui se traittent aujourdlmyparmy vous, mais ce que je perdray d’un costé, ne sera pointcomparable au bien qui m’en reviendra d'ailleurs, car Enfinje me flatte que vous serés persuadés de la part que jeprends a vostre Gloire et a vostre bonheur: Puis je Espérerde parvenir a mon but, si l’on ne trouve le moyen de réu-nir les Coeurs, et peut on se le promettre quand une desprincipalles parties qui composent le Louable Corps helvé-tique sera réduite au desespoir?
M. le Bourgmestre Escher, nous a dis un jour, que lesCatholiques estoient bien obligés a vos L. L. Cantons, de cequ’ils vouloient les Dépouiller d’un bien dont Us faisoientmauvais usage jl se servoit de la comparaison, des Enfantsauxquels on oste le Cousteau de la main de peur qu’ils nes’en blessent, adjoutani que ces mesmes Enfants, temoignoientdu Chagrin, et qu’un moment après, jls revenaient avecamour entre les bras de leurs Pères. Il conclut que lesCatholiques Dépouillés des Baillages Communs, en seroientd’abord fâchés, mais que revenant a eux mesmes, jls senti-roient les obligations qu’ils vous auront. Un pareil discoursfait avec grâce, Et Eloquence, peut amuser l’auditeur Indif-ferent; mais II ne scaurait, je croys, persuader ceux qui sontIntéressez a la chose.
Je ne puis donc Magnifiques Seigneurs vous cacher mescraintes, en voyant commencer un Edifice par des fonde-ments doyt J’ay lieu de me deffier. Il pourroit arriver qu’ilEcroulera avant qu’on soit parvenu au faiste. Parler de lasorte c’est bazarder d’estre regardé comme suspect; Je nelaisseras* pas de Continuer le mesme langage, et de souhaitterque mes Aprehensions soient vaines, parcequ’il n’y a qu'a perdre