Band 
Zweiter Band.
Seite
301
JPEG-Download
 

301

L’experience nous apprend, que la suite des tems ramènetoujours les mêmes événements à quelques circonstances prés,et qu’on n’est pas asseuré qu’un mal passé ne puisse revenir.On doit donc prendre toutes les précautions qu’on juge né-cessaires pour les prévenir.

Si ce que je viens d’avancer est vray, il ne fust jamaisplus nécessaire de faire de sérieuses réflexions, le voisinagedu Duc de Savoye au Canton de Berne qui confine à lafranche Comté peut devenir très dangereux dans des temsde Minorité, sur tout l’un ayant une si forte passion de s’a-grandir et l’autre souhaitant, si ardemment d’eloigner lesFrançois de ses frontières, leur union ne seroit pas im-possible.

Mais quand cela ne seroit pas à craindre, le meme intérêtde diminuer les forces de ce Canton subsiste toujours, il estle seul obstacle au crédit de 8. M. en Suisse, et la seulecause que les hollandois sans donner aucune pension, aurontbientôt autant de Trouppes de la Nation à leur Serviceque le Roy, à qui il en coûte des sommes si considérablespour entretenir des Créatures; il pourroit même arriverque les Catholiques prendront enfin le même party, car engénéral les Suisses ne sont pas François, l’exemple du Baronde Diessbach ne laisse aucun lieu de douter de cette vérité.

Si la nécessité de borner le pouvoir de ce Canton est in-dispensable, les moyens n’en sont pas difficiles, on le verraclairement par ce que je dirai tantôt.

Le pays de Vaud est sans contredit le nerf de la Répu-blique de Berne; cette Province qu’ils conquirent autres foissur le Duc de Savoye est l’âme de leur état; là sont sesmeilleurs Baillages, de là viennent les richesses dont ce Can-ton est mieux partagé qu’aucun autre et c'est de là enfin queleur vient l’orgue»il et l’avidité qui les rend insupportables